En Afrique subsaharienne, le coût d’un smartphone représente 26% du PIB par habitant mensuel
mardi 10 mars 2026
Le coût élevé des smartphones reste le principal obstacle à l’adoption de l’Internet mobile en Afrique subsaharienne. Des initiatives sont cependant en cours de déploiement pour produire des terminaux abordables, qui permettront à de larges pans de la population d’accéder aux services numériques.
Le coût d’un smartphone représente 26 % du PIB mensuel par habitant en Afrique subsaharienne, contre une moyenne de 16 % dans les pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI). Cet état de choses freine l’adoption de l’Internet mobile dans la région, selon un rapport publié le 2 mars 2026 par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA).
Intitulé « The Mobile Economy 2026 », le rapport précise que le coût élevé des terminaux reste la principale cause du niveau relativement faible d’adoption des smartphones en Afrique subsaharienne, où réside 33 % de la population mondiale non connectée. 24% seulement de la population globale de la région possède un smartphone (GSMA).
En conséquence, la couverture de l’Internet mobile progresse plus vite que son adoption. L’écart de couverture (zones très reculées dépourvues de réseaux Internet mobiles) s’est, en effet, réduit rapidement au Sud du Sahara au cours de la dernière décennie, passant de 41 % en 2015 à 9 % et 2024. L’écart d’utilisation (les personnes vivant dans une zone couverte par le haut débit mobile, mais n’utilisant pas internet, souvent par manque d’équipement, de compétences ou pour des raisons de coût) s’est cependant creusé d’environ 20 points de pourcentage au cours de cette même période, pour s’établir à 63 %.
Pour accroître l’adoption des smartphones en Afrique subsaharienne, la GSMA a lancé une initiative visant à produire des terminaux compatibles avec la quatrième génération des réseaux de téléphonie mobile (4G) à 40 dollars, en collaboration avec six grands opérateurs africains : Airtel, Axian Telecom, Ethio Telecom, MTN, Orange et Vodacom. Parallèlement, l’Association collabore avec des équipementiers et des partenaires technologiques afin de parvenir à un consensus autour de ces spécifications, dans le but de permettre la production à grande échelle de smartphones 4G abordables et capables d’accélérer l’inclusion numérique sur tout le continent.
La 5G devrait représenter 21% des connexions en 2030
La République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Nigeria, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda ont été déjà retenus pour accueillir en 2026 les premiers projets pilotes de smartphones 4G à bas coût. L’initiative s’appuie sur la « Coalition GSMA pour l’accessibilité financière des téléphones mobiles » (GSMA Handset Affordability Coalition), une coalition mondiale plus large lancée en juillet 2024 afin de rendre les téléphones portables plus accessibles aux populations à faible revenu et de combler le fossé numérique qui empêche environ trois milliards de personnes dans le monde de maximiser leur potentiel dans l’économie numérique mondiale.
En septembre 2025, cette coalition comptait 25 membres, parmi lesquels des opérateurs mobiles, des fabricants d’appareils, des acteurs de l’écosystème, des institutions financières, des organisations internationales et des fondations philanthropiques. Le partenariat se concentre sur la suppression de trois obstacles structurels à l’accessibilité financière : la réduction de la taxation sur les appareils d’entrée de gamme, la refonte des structures de coûts afin de permettre la production à grande échelle de smartphones à très bas prix, et la promotion de modèles innovants de réduction des risques et de financement qui rendent les appareils plus accessibles aux populations défavorisées.
Le rapport indique d’autre part que l’Afrique subsaharienne devrait compter 382 millions d’abonnements à la cinquième génération des réseaux de téléphonie mobile (5G) en 2030. Cette technologie en cours de déploiement devrait alors représenter 21 % du nombre total de connexions dans la région, contre 95% dans les pays membres du Conseil de coopération du Golfe, 89% en Amérique du Nord, 82% en Europe et 50% en Amérique latine.
Walid Kéfi
(Source : Agence Ecofin, 10 mars 2026)
OSIRIS