En Afrique, le marché des appareils 5G devrait croître de 12,72 % en moyenne par an d’ici 2031
jeudi 1er octobre 2026
La 5G, qui représente actuellement environ 5 % de l’ensemble des connexions sur le continent, devrait monter en puissance durant les prochaines années, poussant les utilisateurs du réseau à passer des téléphones basiques et des terminaux 4G aux appareils compatibles avec cette technologie.
Le marché africain des appareils compatibles avec la cinquième génération des réseaux de télécommunications (5G) devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne de 12,72 % entre 2026 et 2031 en termes de volumes d’expéditions, selon un rapport publié le 1er septembre 2026 par le cabinet de recherche et de conseil Mordor Intelligence.
Intitulé « Africa 5G device market size & share analysis – Growth trends and forecast 2026-2031 », le rapport précise que le nombre d’appareils expédiés vers le continent devrait passer d’environ 500 millions d’unités en 2026 à quelque 910 millions d’unités en 2031. Les principaux moteurs de la croissance projetée du marché sont la multiplication des programmes de financement des terminaux, un déploiement plus large de l’accès sans fil fixe 5G (Fixed Wireless Access/FWA) et l’augmentation de l’offre de téléphones 5G milieu de gamme.
Le financement des appareils 5G encourage leur adoption en réduisant le paiement initial requis pour un terminal. MTN Mobile Money (MTN MoMo) a lancé son programme de location-vente de terminaux en Afrique du Sud en juillet 2025, proposant des appareils 4G et 5G pour 10 rands (0,60 dollar US) par jour, sans vérification de crédit. Le programme Easy2Own de Vodacom avait connecté 18,8 millions de smartphones jusqu’en mai 2025, et le taux de pénétration des smartphones dans l’ensemble des abonnés du groupe avait atteint 68,6 %. Son dispositif de financement s’élevait à 3,75 milliards de rands sud-africains (201 millions de dollars US).
Au Nigeria, MTN s’est également associé à la plateforme spécialisée dans l’inclusion numérique Intelligra et à la banque Stanbic IBTC dans plus de 200 points de vente pour élargir les options de financement pour l’achat d’appareils 5G.
De plus, les opérateurs de télécommunications associent de plus en plus les appareils à des forfaits de données et des offres de haut débit résidentiel, ce qui déplace la demande au-delà du simple remplacement de terminal. Dans le même temps, les projets de réseaux privés d’entreprise accroissent la demande de routeurs et de modules.
Les déploiements 5G axés sur l’accès sans fil fixe stimulent également la demande d’appareils au-delà des smartphones, car ils nécessitent des équipements installés chez le client ainsi que des terminaux mobiles. En mai 2026, 40 des 61 réseaux 5G commerciaux d’Afrique proposaient déjà des services d’accès sans fil fixe.
Le rapport indique d’autre part que l’assemblage local et l’optimisation fiscale réduisent le coût de revient des appareils. L’assemblage local diminue les droits d’importation, la taxe sur la valeur ajoutée, les coûts logistiques et les fluctuations monétaires. Dans ce même cadre, certains pays ont adopté des incitations fiscales pour encourager la fabrication locale des appareils compatibles 5G. Le Nigeria a introduit en juin 2026 des exonérations fiscales et des procédures douanières simplifiées pour la fabrication locale des smartphones, des routeurs et des appareils MiFi, tandis que le Kenya permet aux intrants d’assemblage d’appareils d’entrer en franchise de droits de douane. L’Égypte a combiné des tarifs plus élevés sur les appareils finis avec des concessions fiscales pour les composants importés dans le cadre de son initiative « Egypt Makes Electronics ».
Des politiques spectrales inégales
Par ailleurs, l’expansion du portefeuille Android milieu de gamme compatible 5G encourage l’adoption des terminaux. Samsung Electronics West Africa a lancé le Galaxy A57 5G et le Galaxy A37 5G au Nigeria en mai 2026, étendant les fonctionnalités Galaxy AI à la catégorie 5G milieu de gamme. Infinix a lancé le NOTE Edge au Kenya en février 2026 avec la plateforme MediaTek Dimensity 7100 5G. Le téléphone était proposé à partir de 32 999 shillings kényans (254 dollars US).
Le rapport indique cependant que quelques freins empêchent un développement plus rapide du marché africain des appareils 5G. Il s’agit, en premier lieu, du coût élevé des appareils par rapport au revenu disponible. Le prix du smartphone 5G d’entrée de gamme en Afrique est resté au-dessus de 100 dollars US en 2026, ce qui représentait plus d’un mois de revenus pour de nombreux utilisateurs potentiels. Ce niveau de prix limite la capacité des programmes de financement à atteindre tous les consommateurs. Les ventes des smartphones à moins de 100 dollars ont reculé de 34 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026, les prix de la mémoire plus élevés ayant contraint les fabricants à augmenter les prix ou à réduire les configurations des appareils.
L’autre frein majeur est l’attribution inégale du spectre dans les 54 pays du continent, qui ralentit le développement d’un écosystème d’appareils 5G cohérent. Les fabricants ont besoin d’une base suffisante de bandes harmonisées avant de pouvoir justifier des conceptions d’appareils spécifiques à l’Afrique à des volumes élevés. À mi-2026, 35 pays avaient alloué du spectre 5G, principalement dans la bande 3,5 GHz, tandis que les cadres pour les ondes millimétriques restaient limités en dehors de l’Afrique du Sud et de l’Afrique du Nord.
Sur un autre plan, l’analyse géographique du marché africain des appareils 5G montre que l’Afrique du Sud a atteint un seuil de maturité inégalé sur le continent. Dans ce pays, les expéditions de smartphones en Afrique du Sud ont augmenté de 17 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026, tandis que l’Afrique dans son ensemble reculait de 7 %. Le plan spectral de l’Autorité sud-africaine indépendante des communications (ICASA) de juillet 2026 a désigné la bande supérieure des 6 GHz pour les réseaux mobiles cellulaires à haut débit et couvrait neuf bandes de fréquences allant de 1 710 MHz à 71 GHz. L’opérateur Rain South Africa et Huawei ont aussi étendu la couverture 5G à grande échelle grâce à l’association d’une technologie d’antennes intelligentes à haut rendement (Massive MIMO) avec des fréquences radio basses, situées sous la barre de 1 GHz.
Au Nigeria, la 5G devrait se développer à un taux de croissance annuel moyen de 13,90 % entre 2026 et 2031, soit le taux le plus rapide sur le continent. La Commission nationale des communications (NCC) a rapporté une pénétration de la 5G de 14 % et une couverture dans 27 États, après le déploiement de plus de 730 sites supplémentaires en 2026. Le reste de l’Afrique représentait 54,40 % du volume du marché africain des appareils 5G en 2025.
Walid Kéfi
(Source : Agence Ecofin, 1er octobre 2026)
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