Éducation : Moustapha Guirassy fixe le cap du numérique et annonce la connexion de 6 898 établissements
jeudi 13 août 2026
« Comment faire en sorte que le numérique transforme réellement, concrètement et durablement le quotidien de l’École sénégalaise ? ». Telle est la question du ministre de l’Éducation nationale.
Ainsi, pour poser les bases, en perspective de la rentrée scolaire 2026-2027, le Ministère de l’Éducation nationale a initié un atelier national stratégique d’appropriation et de déploiement de l’écosystème numérique éducatif. Les différents acteurs sont en conclave à Saly pour trois jours.
Ils vont ainsi réfléchir, selon Moustapha Guirassy, à : « Comment aider l’enseignant à mieux enseigner, permettre à l’élève de mieux apprendre, aider la famille à accéder plus facilement aux services de l’École, le chef d’établissement à mieux gérer, l’inspecteur à mieux accompagner et notre Ministère à mieux décider ? ».
105 000 enseignants et personnels à former
Pour Moustapha Guirassy, la réussite de cette transformation passe d’abord par les ressources humaines. Le ministère a ainsi engagé un programme national destiné à former 105 000 enseignants et personnels de l’éducation aux compétences numériques et à l’intelligence artificielle.
« Nous avons engagé un programme national de formation de 105 000 enseignants et personnels de l’éducation. Former 105 000 acteurs, c’est faire entrer dans des milliers de pratiques professionnelles de nouvelles manières d’enseigner, d’accompagner, de gérer, de collaborer et de décider », indique-t-il.
Ainsi, le ministre, insiste sur le fait qu’ « aucune technologie ne transformera l’École à la place d’un enseignant », soulignant que les plateformes numériques ne peuvent produire de résultats que si elles sont effectivement appropriées par les acteurs du système éducatif.
6 898 établissements ciblés par la connectivité
L’autre priorité concerne l’accès à Internet. Le ministre a annoncé le lancement d’un chantier visant à raccorder 6 898 écoles et établissements à l’Internet haut débit à travers le territoire national.
À cela s’ajoutera la connexion de plus de 2 000 écoles supplémentaires grâce à des solutions satellitaires en orbite basse, notamment Starlink, en partenariat avec le ministère chargé du Numérique. Cette option doit permettre de desservir les zones où le déploiement des réseaux terrestres reste difficile.
Le gouvernement entend également agir sur le coût de l’accès aux plateformes éducatives. Le « whitelisting » des URL des plateformes du ministère doit permettre de réduire la barrière liée au coût des données pour les élèves, les enseignants et les familles.
« La transformation numérique ne doit pas reproduire les inégalités ; elle doit contribuer à les réduire », a affirmé Moustapha Guirassy.
Le ministère poursuit par ailleurs la refonte de son système d’information afin de sortir d’une logique d’applications fonctionnant séparément. L’objectif est de mettre en place un écosystème numérique intégré, interopérable, sécurisé et davantage orienté vers les besoins des utilisateurs.
Les programmes d’équipement en ordinateurs, tablettes et mallettes numériques sont également appelés à se poursuivre, avec une priorité donnée aux usages pédagogiques réguliers plutôt qu’à la simple accumulation de matériel.
L’intelligence artificielle sous contrôle
Sur l’intelligence artificielle, le ministre a défendu une approche fondée sur l’anticipation et l’encadrement. L’IA, selon lui, doit pouvoir contribuer à améliorer l’enseignement, l’apprentissage, l’accompagnement et la prise de décision, sans se substituer à la responsabilité humaine.
Moustapha Guirassy plaide ainsi pour une intelligence artificielle « au service de l’humain », souveraine, encadrée et respectueuse de l’éthique, de la sécurité et de la protection des données.
La rentrée 2026-2027 comme première échéance
L’atelier doit surtout permettre de passer de la conception à la mise en œuvre. Le ministre attend trois résultats : une stratégie nationale de déploiement claire et réaliste, des recommandations hiérarchisées avec des responsabilités et des échéances précises, ainsi qu’une feuille de route opérationnelle permettant de lancer les actions prioritaires et d’en suivre l’exécution jusqu’à la fin de 2026.
La rentrée scolaire 2026-2027 constitue, à ce titre, une échéance majeure. L’extension de PLANETE 3 et la dématérialisation progressive des inscriptions et réinscriptions devraient modifier la relation entre les familles, les établissements et l’administration scolaire.
Pour le ministre, cette modernisation doit toutefois s’accompagner d’un important dispositif d’accompagnement afin d’éviter que le numérique ne crée de nouvelles formes d’exclusion.
« Aucun élève, aucune famille, aucun établissement ne doit être laissé de côté », a-t-il martelé.
Car selon lui : « Une école connectée n’est pas seulement un point sur une carte. C’est un enseignant qui accède à des ressources, un élève qui élargit ses possibilités d’apprentissage, un établissement qui utilise les services numériques du Ministère et un territoire qui se rapproche des mêmes opportunités que les autres. Notre principe est clair : la transformation numérique ne doit pas reproduire les inégalités ; elle doit contribuer à les réduire ».
(Source : Seneweb, 13 août 2026)
OSIRIS