E-Justice : le Sénégal lance de nouveaux outils numériques pour désengorger les tribunaux
lundi 7 septembre 2026
Le manque de magistrats et l’afflux de procédures compliquent le fonctionnement des juridictions sénégalaises. Pour y répondre, le pays mise sur le numérique pour fluidifier le traitement des affaires et améliorer le suivi des procédures.
Le ministère sénégalais de la Justice a annoncé le vendredi 4 juin le lancement de deux plateformes numériques destinées à moderniser le fonctionnement de ses juridictions. Baptisées e-Justice et Jokkoo ak Yoon, elles visent notamment à améliorer le suivi des dossiers, réduire les délais de traitement et faciliter les échanges entre les services judiciaires et les citoyens. Le lancement est prévu pour le jeudi 10 septembre.
Les deux outils répondent à des besoins différents. e-Justice numérise plusieurs étapes du traitement des affaires, de l’enrôlement à la gestion du rôle général, en passant par les activités du Parquet et du Greffe, l’instruction et les recours. Jokkoo ak Yoon se concentre davantage sur la relation avec les usagers : numéro vert, SMS, USSD et messages audio ou vidéo permettront notamment de signaler des difficultés rencontrées dans les juridictions et d’en suivre la prise en charge. Le recours aux langues nationales, notamment à l’oral, est également prévu.
Déployée par la Direction de la Dématérialisation et de l’Automatisation numérique (DDA), avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), e-Justice est expérimentée au Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye. Ce choix intervient dans un contexte marqué par un déficit de personnel judiciaire. Le ministère de la Justice indique que le Sénégal compte 436 magistrats en fonction pour un besoin de 1 324.
À Pikine-Guédiawaye, seuls 9 juges du siège sur 23 requis sont en poste, tandis que le parquet a enregistré plus de 16 000 plaintes en 2025, dont 4728 au premier trimestre 2026. Le tribunal comptait par ailleurs plus de 1000 détenus provisoires lors du diagnostic réalisé par le ministère.
Cette expérimentation s’inscrit dans le Schéma directeur numérique de la justice, qui prévoit à l’horizon 2027 la dématérialisation des procédures et la numérisation des flux d’information afin d’améliorer le suivi des dossiers et le fonctionnement des juridictions. En parallèle, certains services judiciaires sont déjà accessibles en ligne via e-Sénégal, notamment la demande du casier judiciaire et du certificat de nationalité. D’autres services dont le recouvrement des amendes, l’archivage électronique, la naturalisation, la gestion électronique du courrier sont prévus.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 7 septembre 2026)
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