Données personnelles : le Nigeria affirme son autorité face au e-commerce chinois Temu
mercredi 18 février 2026
En 2025, Meta, la société-mère de Facebook, WhatsApp et Instagram, a accepté de payer une amende de 32,8 millions $ au Nigeria pour violation de confidentialité des données des utilisateurs. Les autorités épinglent une autre entreprise numérique.
Le régulateur nigérian des données personnelles a annoncé, lundi 16 février 2026, l’ouverture d’une enquête contre la plateforme d’e-commerce chinoise Temu pour des violations présumées de la Nigeria Data Protection Act. L’annonce marque un nouveau test pour l’application de la loi adoptée en 2023, qui vise à encadrer strictement la collecte, le traitement et le transfert des données des citoyens nigérians.
Selon les premières indications, 12,7 millions d’utilisateurs nigérians pourraient être concernés par les pratiques de la plateforme chinoise. « L’enquête sur Temu a été déclenchée par des préoccupations concernant la surveillance en ligne par le biais du traitement des données à caractère personnel, la responsabilité, les exigences en matière de minimisation des données, la transparence, le devoir de diligence et le transfert transfrontalier de données », peut-on lire dans le communiqué de la National Data Protection Commission (NDPC), institution chargée de veiller au respect du cadre légal.
Avec plus de 200 millions d’habitants et l’un des marchés numériques les plus dynamiques du continent, le Nigeria cherche à affirmer sa souveraineté en matière de protection des données. La loi de 2023 impose aux entreprises locales et étrangères opérant sur son territoire des obligations strictes telles que le consentement explicite des utilisateurs, la limitation de la collecte aux données nécessaires, et les garanties encadrant les transferts hors du pays.
Pour Abuja, l’enjeu dépasse le simple contentieux. Il s’agit d’envoyer un signal clair aux multinationales du numérique : l’accès au marché nigérian suppose le respect des normes nationales.
Si des manquements sont établis, Temu pourrait faire face à des sanctions financières et à des injonctions de mise en conformité. La multinationale américaine Meta, société mère de Facebook, WhatsApp et Instagram, en a fait les frais dans un passé récent.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 18 février 2026)
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