Djibouti : la Banque mondiale identifie un potentiel de 240 millions $ pour les data centers
lundi 21 septembre 2026
Avec plusieurs câbles sous-marins et des infrastructures de data centers déjà opérationnelles, Djibouti dispose d’atouts pour développer un marché régional de l’hébergement numérique. La Banque mondiale estime toutefois que des réformes restent nécessaires pour permettre au secteur de changer d’échelle.
Les data centers pourraient attirer entre 160 et 240 millions de dollars d’investissements privés à Djibouti au cours des prochaines années, selon le « Country Private Sector Diagnostic » publié le dimanche 13 septembre par le Groupe de la Banque mondiale. Le rapport identifie ce secteur parmi les activités clés susceptibles de diversifier l’économie du pays.
Huit câbles sous-marins pour soutenir un hub de données
Djibouti est traversé par huit câbles sous-marins opérationnels qui relient l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Cette connectivité exceptionnelle constitue le principal atout du pays pour stocker, traiter et échanger des données à l’échelle régionale. Preuve de l’attractivité du hub, la Banque mondiale indique que les capacités actuelles des data centers sont proches de leur pleine utilisation, ce qui impose une extension rapide des infrastructures existantes.
Le coût de l’énergie : le principal frein à l’investissement
Pour transformer ce potentiel en capitaux privés, le diagnostic estime que Djibouti doit impérativement réformer son cadre réglementaire, fluidifier l’accès au marché et surtout, repenser son approvisionnement énergétique.
La question de l’électricité est la contrainte la plus urgente pour la compétitivité du pays. Le tarif commercial y atteint 25 cents de dollar par kWh, contre une moyenne régionale africaine de 14 cents. Pour des infrastructures numériques structurellement très gourmandes en énergie, ce différentiel de coût représente le facteur déterminant pour la viabilité des futurs projets.
Jusqu’à 1300 emplois attendus
Si ces réformes sont menées à bien, le développement des centres de données pourrait générer 700 à 1300 emplois directs et indirects. La Banque mondiale considère cette activité comme l’un des trois créneaux porteurs — avec le solaire hors réseau et le tourisme — capables de moderniser l’économie djiboutienne.
À terme, le gouvernement et l’institution financière partagent la même ambition : transformer cette position géographique stratégique en activités numériques à forte valeur ajoutée, une ambition inscrite au cœur de la feuille de route nationale « Vision 2035 ».
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 21 septembre 2026)
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