Développement des compétences numériques : le Niger se tourne vers l’Algérie
jeudi 26 mars 2026
La transformation numérique s’accélère en Afrique. Les pays accordent une attention particulière au renforcement du capital humain afin de soutenir la modernisation de l’administration et de répondre au défi du chômage.
Le Niger souhaite renforcer sa coopération bilatérale avec l’Algérie dans plusieurs domaines du numérique, notamment le développement des compétences. Ce rapprochement vise à consolider les capacités locales et soutenir la transformation numérique du pays d’Afrique de l’Ouest.
Cette ambition a été évoquée lors d’une rencontre tenue cette semaine entre Sid Ali Zerrouki (photo, à gauche) et son homologue nigérien Adji Ali Salatou. C’était en marge des travaux de la deuxième session de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne de coopération, tenue à Niamey, avec une délégation algérienne conduite par le Premier ministre, Sifi Ghrieb. Les deux parties envisagent notamment une collaboration pour la création et le développement de centres de compétences numériques (Skill Centers). Elles ont également discuté de la mise en place de programmes de formation de formateurs dans le domaine des TIC, afin de favoriser le transfert de savoir-faire et le renforcement des capacités locales.
Côté nigérien, ce rapprochement s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique engagée par les autorités, qui vise à accélérer le développement des TIC et à les mettre au service du développement socio-économique. Le développement des compétences numériques et de l’innovation constitue d’ailleurs l’un des trois axes de la Politique nationale de développement du numérique 2026–2035, actuellement en cours d’élaboration.
Bien que le Niger ne soit plus membre de la CEDEAO, l’organisation indique sur son site web que le pays met en œuvre plusieurs programmes de formation en TIC pour renforcer les compétences numériques. Toutefois, l’accès à une formation de qualité reste un défi majeur, notamment en dehors des grandes agglomérations. Ces initiatives sont souvent soutenues par des partenaires internationaux et des ONG.
De son côté, l’Algérie a également fait du développement du capital humain un pilier de sa stratégie de transformation numérique. Le gouvernement prévoit ainsi de former 500 000 spécialistes dans les TIC, tout en réduisant de 40 % la fuite des compétences. Des Skill Centers sont déployés pour former les jeunes à des compétences clés telles que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud computing et l’Internet des objets, afin de les préparer aux métiers d’avenir et de faciliter leur intégration dans l’économie numérique, tant au niveau national qu’international.
Si elle se concrétise, cette coopération peut être une lueur d’espoir pour l’emploi des jeunes alors que la Banque mondiale estime par exemple que 230 millions d’emplois nécessiteront des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030.
Au Niger, la question de l’emploi des jeunes reste préoccupante et les autorités en ont même fait une priorité. Selon l’Institut national des statistiques (INS), 25,5 % des Nigériens actifs âgés de 15 à 35 ans sont au chômage, c’est-à-dire sans emploi mais disponibles pour travailler (deuxième trimestre 2025). Le taux d’emploi dans cette tranche d’âge est de 34,5 %, avec des emplois massivement informels et vulnérables. Ainsi, 55,4 % de ces jeunes sont soit au chômage, soit sous-employés, soit en situation d’emploi précaire. Par ailleurs, 37,4 % des jeunes ne sont ni en emploi ni en éducation.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 26 mars 2026)
OSIRIS