Déploiement de la fibre optique : la Guinée-Bissau veut apprendre du Tchad
vendredi 29 août 2025
La Guinée-Bissau a lancé en janvier 2025 sa stratégie nationale de transformation numérique 2025-2030. Ce plan repose sur six axes stratégiques, notamment le développement des infrastructures numériques.
La Guinée-Bissau souhaite s’inspirer de l’expérience du Tchad pour développer son secteur des télécommunications, en particulier dans le déploiement de la fibre optique. La question a été abordée le jeudi 27 août lors d’une rencontre entre Boukar Michel, ministre tchadien des Télécommunications, et son homologue bissau-guinéen, Julio Mamadou Baldé, en visite de travail à N’Djamena.
« La visite du ministre bissau-guinéen vise à s’imprégner des avancées du Tchad dans le domaine des textes et du développement des télécommunications, en particulier en matière de fibre optique. Compte tenu de son vaste territoire et du maillage de son réseau, notre pays possède une expérience qu’il pourra mettre à la disposition de ce pays lusophone », a expliqué le ministère tchadien dans un communiqué publié sur sa page Facebook.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités bissau-guinéennes d’accélérer le développement de l’infrastructure numérique et de soutenir leur stratégie de transformation digitale. Le pays s’est connecté en mars 2023 à son premier câble sous-marin à fibre optique, l’Africa Coast to Europe (ACE). En avril, il a également approuvé le lancement des activités commerciales du fournisseur d’accès à Internet par satellite américain Starlink sur son territoire. Cette technologie est saluée pour sa capacité à offrir une couverture universelle.
Si ce câble apporte de la connectivité internationale, celle-ci reste confinée aux côtes. La Guinée-Bissau doit encore déployer une dorsale nationale pour relier ses principales villes et assurer une transmission capable d’améliorer la qualité et la couverture des services Internet. Dans un rapport publié en 2022, la Banque mondiale souligne cette carence et rappelle qu’en 2023, le taux de pénétration d’Internet dans le pays atteignait seulement 32,5 %, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT).
« L’infrastructure limitée de « middle mile » se compose essentiellement de mini-liaisons micro-ondes, d’un embryon de réseau métropolitain en fibre optique à Bissau, et d’un lien de transport vers le réseau de Sonatel au Sénégal pour l’approvisionnement en capacité internationale », précise la Banque mondiale dans son rapport.
Il convient toutefois de rappeler qu’aucun cadre officiel de coopération n’a pour l’instant été formalisé entre les deux pays dans le domaine des télécommunications. Aucun accord n’a encore été signé ni annoncé.
De son côté, le Tchad fait également face à des défis. Selon le diagnostic de l’économie numérique publié en 2023 par la Banque mondiale, la dorsale nationale en fibre optique, bien qu’élargie ces dernières années, demeure insuffisante pour un pays de cette taille. Structurée autour de trois axes (Ouest, Sud et Est), elle est presque entièrement détenue par l’État et exploitée par Sotel Tchad et Sudachad. L’infrastructure relie surtout les localités du Sud et de l’Est à la capitale N’Djamena, tandis que l’Ouest et le Nord restent largement sous-desservis.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 29 août 2025)