OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Mars 2026 > Deepfakes et IA générative : l’Afrique face au défi de la protection des mineurs

Deepfakes et IA générative : l’Afrique face au défi de la protection des mineurs

mercredi 4 mars 2026

Contenus numériques

L’essor de l’intelligence artificielle générative facilite la création de contenus manipulés, notamment les deepfakes. En Afrique, où la régulation numérique demeure fragmentée, la protection des mineurs devient un enjeu prioritaire pour les États et les régulateurs.

À mesure que les câbles sous-marins se multiplient et que la 4G puis la 5G progressent sur le continent, une génération entière s’installe dans l’univers numérique. Cette connectivité constitue un levier majeur de développement économique, éducatif et social. Elle expose cependant des millions de mineurs à des menaces nouvelles, plus sophistiquées et plus difficiles à détecter.

Selon les estimations conjointes de l’Union internationale des télécommunications et de l’Union africaine, environ 40 % des jeunes Africains âgés de 15 à 24 ans ont aujourd’hui accès à Internet. Ce chiffre, en progression constante, souligne un double impératif : accélérer l’inclusion numérique tout en renforçant les mécanismes de protection.

L’IA générative, nouvelle frontière des violences numériques

L’intelligence artificielle générative modifie profondément la nature des atteintes visant les enfants en ligne. Le cyberharcèlement ne se limite plus aux insultes ou à la diffusion d’images réelles : il peut désormais reposer sur des contenus entièrement fabriqués. Des applications accessibles au grand public permettent de créer de fausses images intimes, de cloner une voix ou de manipuler une vidéo à partir d’une simple photographie.

En 2023, l’Internet Watch Foundation a signalé pour la première fois l’apparition d’images d’abus sexuels d’enfants entièrement générées par IA circulant sur Internet. L’organisation souligne que ces technologies abaissent considérablement les barrières techniques et compliquent l’identification des auteurs. INTERPOL reconnaît également que la sophistication croissante des deepfakes complique les enquêtes, rendant plus difficile la distinction entre contenus authentiques et images manipulées. Ces outils alimentent aussi des pratiques de « sextorsion », dans lesquelles des individus utilisent de faux contenus pour faire chanter des adolescents et leurs familles.

Des organisations de défense des droits de l’enfant signalent que les prédateurs peuvent par ailleurs utiliser l’IA pour analyser le comportement en ligne, l’état émotionnel et les centres d’intérêt d’un enfant afin d’adapter leur stratégie de manipulation.

Des cadres juridiques encore inadaptés

Face à cette évolution rapide, la réponse réglementaire demeure inégale. La Convention de Malabo adoptée par l’Union africaine établit un socle en matière de cybersécurité et de protection des données à caractère personnel. Toutefois, ce texte précède l’essor de l’intelligence artificielle et ne traite pas explicitement des contenus synthétiques visant des mineurs.

Dans plusieurs États africains, les lois sur la protection des données encadrent la collecte et le traitement des informations personnelles sans prévoir de dispositions spécifiques concernant la responsabilité des plateformes en cas de diffusion de deepfakes impliquant des enfants.

En Afrique du Sud, la Protection of Personal Information Act impose des obligations strictes en matière de traitement des données, y compris celles des mineurs. Néanmoins, comme dans de nombreux pays, le cadre reste centré sur la protection de la vie privée plutôt que sur la prévention proactive des contenus générés par IA.

Au Cameroun, une charte sur la protection des enfants en ligne adoptée en 2023 pose les bases d’une responsabilité partagée entre opérateurs télécoms, régulateurs et familles. La loi vise uniquement la protection des enfants âgés de moins de 18 ans. Elle n’assure donc pas la protection de tous les mineurs puisque la minorité légale au Cameroun est fixée à 21 ans.

Vers une gouvernance plus structurée de l’IA

La réflexion progresse toutefois au niveau continental et international. L’Union africaine a engagé des travaux sur une stratégie encadrant le développement et l’usage de l’intelligence artificielle, avec un accent sur l’éthique, la gouvernance des données et la souveraineté numérique. La question de la protection des enfants y apparaît progressivement comme un enjeu transversal, dans un continent où la population est la plus jeune du monde.

À l’échelle mondiale, l’UNICEF plaide pour une approche fondée sur le « Safety by Design », consistant à intégrer la sécurité et la protection des mineurs dès la conception des produits numériques. Cette démarche vise à anticiper les risques plutôt qu’à intervenir uniquement après la diffusion de contenus préjudiciables. L’organisation souligne que les enfants sont surexposés aux risques en ligne dans les contextes où la régulation, la modération en langues locales et les mécanismes de signalement restent insuffisamment développés.

Samira Njoya

(Source : WeAreTechAfrica, 4 mars 2026)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4613/5598 Régulation des télécoms
  • 350/5598 Télécentres/Cybercentres
  • 3688/5598 Economie numérique
  • 1861/5598 Politique nationale
  • 5257/5598 Fintech
  • 589/5598 Noms de domaine
  • 2062/5598 Produits et services
  • 1560/5598 Faits divers/Contentieux
  • 822/5598 Nouveau site web
  • 5598/5598 Infrastructures
  • 1980/5598 TIC pour l’éducation
  • 198/5598 Recherche
  • 253/5598 Projet
  • 3935/5598 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2191/5598 Sonatel/Orange
  • 1633/5598 Licences de télécommunications
  • 280/5598 Sudatel/Expresso
  • 1025/5598 Régulation des médias
  • 1479/5598 Applications
  • 1236/5598 Mouvements sociaux
  • 1695/5598 Données personnelles
  • 141/5598 Big Data/Données ouvertes
  • 614/5598 Mouvement consumériste
  • 366/5598 Médias
  • 682/5598 Appels internationaux entrants
  • 1722/5598 Formation
  • 94/5598 Logiciel libre
  • 2419/5598 Politiques africaines
  • 1072/5598 Fiscalité
  • 174/5598 Art et culture
  • 580/5598 Genre
  • 1921/5598 Point de vue
  • 1093/5598 Commerce électronique
  • 1491/5598 Manifestation
  • 325/5598 Presse en ligne
  • 127/5598 Piratage
  • 205/5598 Téléservices
  • 1158/5598 Biométrie/Identité numérique
  • 318/5598 Environnement/Santé
  • 408/5598 Législation/Réglementation
  • 366/5598 Gouvernance
  • 1916/5598 Portrait/Entretien
  • 147/5598 Radio
  • 837/5598 TIC pour la santé
  • 279/5598 Propriété intellectuelle
  • 58/5598 Langues/Localisation
  • 1170/5598 Médias/Réseaux sociaux
  • 2172/5598 Téléphonie
  • 209/5598 Désengagement de l’Etat
  • 1048/5598 Internet
  • 116/5598 Collectivités locales
  • 415/5598 Dédouanement électronique
  • 1378/5598 Usages et comportements
  • 1077/5598 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 579/5598 Audiovisuel
  • 3784/5598 Transformation digitale
  • 383/5598 Affaire Global Voice
  • 172/5598 Géomatique/Géolocalisation
  • 359/5598 Service universel
  • 695/5598 Sentel/Tigo
  • 179/5598 Vie politique
  • 1702/5598 Distinction/Nomination
  • 35/5598 Handicapés
  • 718/5598 Enseignement à distance
  • 859/5598 Contenus numériques
  • 612/5598 Gestion de l’ARTP
  • 195/5598 Radios communautaires
  • 2145/5598 Qualité de service
  • 514/5598 Privatisation/Libéralisation
  • 133/5598 SMSI
  • 505/5598 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2902/5598 Innovation/Entreprenariat
  • 1477/5598 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5598 Internet des objets
  • 176/5598 Free Sénégal
  • 833/5598 Intelligence artificielle
  • 196/5598 Editorial
  • 64/5598 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5598 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous