Data centers : Raxio porte à 380 millions $ les capitaux engagés pour sa croissance
mercredi 15 juillet 2026
Fondé en 2018 aux Pays-Bas, Raxio Group a développé son réseau de data centers dans des marchés peu couverts par les grands opérateurs continentaux, notamment en Ouganda, en Éthiopie, en RDC, en Côte d’Ivoire. L’entreprise est en pleine expansion.
Au premier semestre 2026, la capacité contractée de Raxio Group a été multipliée par six par rapport à la même période de 2025, un bond qui a convaincu ses actionnaires d’accroître leur soutien.
Lundi 13 juillet, le groupe a annoncé avoir porté son capital engagé à 380 millions de dollars, contre 350 millions de dollars auparavant. Meridiam, un fonds d’infrastructures françaises, et Roha, un fonds d’investissement américain, ont tous deux relevé leur participation.
Le capital engagé représente des promesses formelles d’investissement des actionnaires, mobilisables au fur et à mesure des projets. Il constitue également la base sur laquelle Raxio peut lever de la dette supplémentaire auprès de ses bailleurs institutionnels, la Société financière internationale (SFI) du Groupe de la Banque mondiale (100 millions de dollars), Proparco et Emerging Africa & Asia Infrastructure Fund (EAAIF).
En pratique, pour chaque dollar de capital engagé, un opérateur comme Raxio peut mobiliser deux à trois dollars de dette supplémentaire, ce qui démultiplie sa capacité d’investissement réelle bien au-delà des 380 millions de dollars affichés.
Une demande en forte accélération
« La demande en infrastructures de centres de données de haute qualité continue de s’accélérer en Afrique, portée par l’adoption rapide du numérique, la migration vers le cloud et l’émergence de charges de travail d’IA considérables », a déclaré Robert Skjodt, PDG du groupe Raxio. Et d’ajouter : « alors que nous entamons une nouvelle phase de croissance, ce capital supplémentaire renforce notre capacité à saisir ces opportunités et à continuer de fournir à nos clients une infrastructure de classe mondiale, indépendante des opérateurs ».
Raxio reçoit désormais un nombre croissant de demandes portant sur des déploiements de 10 mégawatts et plus, des projets nettement plus importants que ses chantiers habituels, et augmente ses densités de racks pour répondre à des charges de calcul haute performance liées à l’IA. C’est le signe que les entreprises et les « hyperscalers » commencent à rechercher une infrastructure de calcul locale en Afrique plutôt que de s’appuyer sur des serveurs distants.
Selon le rapport Data Centres in Africa 2026 de l’African Data Centre Association (ADCA), l’Afrique ne détient que 0,6 % de la capacité mondiale des data centers, alors qu’elle représente 19 % de la population mondiale. La latence entre les utilisateurs africains et les principales régions cloud étrangères dépasse 70 à 100 millisecondes, soit trois à cinq fois plus que dans les marchés matures. Dans son rapport « Global Data Center Market Outlook 2026 », le cabinet immobilier mondial JLL (Jones Lang LaSalle) estime que l’IA pourrait représenter 50 % de tous les « Workloads Data Center » (charges de travail des centres de données) d’ici 2030, contre 25 % en 2025, et tripler la demande mondiale en capacité. Or, cette croissance se concentre là où l’infrastructure existe déjà. L’Afrique, si elle ne construit pas dès maintenant, risque de décrocher dans la prochaine phase de l’économie numérique mondiale.
Les investissements s’accélèrent
Entre « hyperscalers » et opérateurs indépendants, entre 2,5 et 4 milliards de dollars ont été engagés dans des data centers africains ces dernières années, selon l’ADCA. Microsoft et le groupe émirati G42 ont annoncé un investissement d’un milliard de dollars pour un data center au Kenya. Cassava Technologies prévoit de déployer 12 000 GPU Nvidia d’ici 2030. La capacité installée du continent devrait tripler pour atteindre 1,2 gigawatt d’ici 2030. Selon l’ADCA, cette croissance suivra toutefois la trajectoire mondiale sans combler l’écart structurel, notamment parce qu’en dehors de l’Afrique du Sud, seulement un tiers de la capacité existante est pleinement utilisée. Raxio, présent dans sept pays, avec une expansion en cours en Tanzanie, est positionné pour capter une partie de cette demande sur les marchés émergents.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 15 juillet 2026)
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