Cybersécurité : le Sénégal mise sur une meilleure coopération entre les acteurs
mercredi 15 juillet 2026
Les pays africains misent de plus en plus sur le numérique pour accélérer leur développement socio‑économique. L’UIT souligne toutefois que ces ambitions nécessitent des investissements conséquents dans la cybersécurité.
Les autorités privilégient une coopération renforcée entre les acteurs publics et privés pour consolider la sécurité des infrastructures numériques critiques nationales. L’initiative vise à garantir la résilience des systèmes essentiels au fonctionnement du pays face à la montée des cybermenaces.
Cette ambition a été au centre d’une réunion de concertation tenue le lundi 13 juillet par le ministre des Télécommunications et du Numérique. La rencontre a réuni des représentants de plusieurs structures publiques et privées exploitant des infrastructures essentielles.
Selon les autorités, l’objectif est d’anticiper la mise en œuvre du futur cadre légal en matière de protection des infrastructures critiques et de consolider les mécanismes de prévention, de détection et de réponse aux cyberattaques. Ces attaques pourraient compromettre des systèmes essentiels et provoquer des perturbations majeures pour les services vitaux et l’économie nationale.
Cette initiative intervient alors que le Sénégal accélère le déploiement d’infrastructures numériques pour soutenir sa transformation digitale. À travers son « New Deal technologique », le pays ambitionne de mettre en place des infrastructures de classe mondiale, notamment des data centers, un cloud souverain, des capacités de calcul avancées et des plateformes de calcul intensif.
La stratégie prévoit également de renforcer la connectivité nationale et régionale à travers un maillage technologique combinant satellites, câbles sous‑marins, backbone fibre optique et mutualisation des infrastructures, avec l’objectif de garantir une couverture homogène ainsi qu’une disponibilité accrue des services numériques.
Ces infrastructures sont toutefois vulnérables aux cybermenaces, dans un contexte où l’interconnexion croissante des systèmes numériques accroît les risques d’attaques susceptibles de perturber des services essentiels et de compromettre des données sensibles. Au Sénégal, plusieurs institutions publiques ont déjà été ciblées : le Trésor public en mai 2026, la Direction générale des impôts et des domaines en octobre 2025, ainsi que le service chargé de la délivrance des cartes nationales d’identité en février 2026.
La protection des infrastructures est donc indispensable, alors que la GSMA estime que le numérique pourrait générer une valeur ajoutée de 1100 milliards FCFA (1,9 milliard USD) à l’économie du Sénégal d’ici 2030. Pour le moment, le pays se classe au troisième pallier sur quatre du « Global Cybersecurity Index 2024 » de l’UIT, avec un score de 67,17 sur 100.
Isaac K. Kassouwi
(Source : WeAreTechAfrica, 15 juillet 2026)
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