Cybersécurité : la Somalie se rapproche de la Turquie
mardi 10 février 2026
Les pays africains accordent une importance croissante à la cybersécurité dans le cadre de leur transformation numérique. Ils s’appuient sur la coopération internationale avec des pays déjà plus avancés pour renforcer leurs capacités.
Les autorités somaliennes veulent renforcer leur coopération avec la Turquie dans plusieurs domaines des communications électroniques, dont la cybersécurité. Un protocole a été signé à cet effet le mardi 10 février entre les régulateurs télécoms des deux pays.
Outre la cybersécurité, l’Autorité nationale des communications de Somalie (NCA) et l’Autorité des technologies de l’information et de la communication de Turquie (BTK) envisagent également de collaborer dans la régulation des communications par satellite, la gestion du spectre, le déploiement des infrastructures haut débit, la sécurité et la résilience des réseaux et services de télécommunications, la régulation de l’Internet et d’autres aspects réglementaires des communications électroniques.
Ce rapprochement intervient quelques jours après que le Parlement somalien a officiellement approuvé la loi sur la cybersécurité, qui établit un cadre pour assurer la sécurité du cyberespace national. Le texte prévoit entre autres l’intensification de la coopération entre les institutions publiques, le secteur privé et les partenaires internationaux. Dans ce cadre, le pays s’était déjà rapproché de la Malaisie et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
La Turquie est considérée, au même titre que la Malaisie, comme l’un des modèles à suivre selon l’Indice global de cybersécurité de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Le pays a obtenu le score maximal (20 points) sur chacun des cinq piliers étudiés, soit 100 sur 100 au total.
La Somalie, de son côté, a été classée au quatrième pallier (Tier 4) sur 5, « témoignant d’un engagement de base en matière de cybersécurité ». Le pays doit toutefois intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités. Il a enregistré un score global de 37,38 sur 100.
Ces efforts en faveur du renforcement de la sécurité du cyberespace national interviennent dans un contexte africain de transformation numérique accélérée accompagnée d’une recrudescence des cyberattaques. Par exemple, en novembre 2025, la plateforme e‑visa de la Somalie a été piratée, compromettant les données personnelles de plusieurs milliers de personnes.
Interpol indique qu’entre 2019 et 2025, les incidents de cybersécurité sur le continent auraient entraîné des pertes financières estimées à plus de 3 milliards USD. Dans ce contexte, l’UIT estime que le renforcement de la cybersécurité est une condition indispensable pour les pays qui veulent profiter pleinement des avantages promis par la transformation numérique.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 10 février 2026)
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