Cybersécurité : la Mauritanie se rapproche des USA
mardi 13 janvier 2026
Une délégation américaine avait déjà été reçue en novembre dernier par les autorités pour discuter de coopération dans le numérique. Les axes comprenaient l’infrastructure numérique, le commerce électronique, les capacités nationales et la cybersécurité.
La Mauritanie explore des perspectives de partenariats avec les États‑Unis d’Amérique en matière de renforcement de la cybersécurité et de protection des infrastructures numériques sensibles. Cette initiative s’inscrit dans les ambitions d’intégrer davantage les outils numériques dans la gestion publique pour moderniser les services, renforcer la transparence administrative et stimuler le développement économique et social.
Ces perspectives ont été discutées le lundi 12 janvier lors d’une rencontre entre le ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, Ahmed Salem Ould Bedde (photo, à droite), et la chargée d’affaires de l’ambassade des États‑Unis en Mauritanie, Corina R. Sanders (photo, à gauche). Elle était accompagnée d’une délégation de l’entreprise américaine Cybastion, spécialisée dans les solutions de cybersécurité et les services numériques.
La Mauritanie recherche l’expertise américaine alors qu’elle projette de mettre en place une équipe nationale de réponse aux incidents de sécurité informatique (CSIRT) ainsi qu’un centre des opérations de sécurité (SOC). Cela implique un accent particulier sur la formation des équipes locales, le transfert de compétences et le renforcement des capacités.
Le gouvernement avait déjà créé par décret, en avril 2024, l’Agence nationale de cybersécurité et de certification électronique (ANCCE). Sa mission consiste, entre autres, à protéger le cyberespace national et à améliorer la gouvernance de la cybersécurité. Cette création s’inscrit dans la continuité des avancées réalisées, notamment la ratification en 2023 de la Convention de Malabo de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles.
Le pays dispose également d’une Stratégie nationale de sécurité numérique 2022‑2026, articulée autour de six objectifs stratégiques couvrant la gouvernance, la protection des infrastructures critiques, la lutte contre la cybercriminalité, la sensibilisation et le développement des compétences, ainsi que la coopération nationale et internationale.
Ces efforts en faveur de la cybersécurité interviennent alors que celle‑ci est considérée aujourd’hui comme une condition sine qua non à la réussite de la transformation numérique, qui fait partie des leviers de développement socio‑économique de nombreux pays africains dont la Mauritanie. Dans ce contexte, on assiste à une recrudescence des menaces cybernétiques ciblant des systèmes publics, privés et financiers. Selon Interpol, les incidents de cybersécurité sur le continent ont entraîné des pertes financières dépassant 3 milliards de dollars entre 2019 et 2025.
Rappelons que la Mauritanie s’est classée au quatrième et avant‑dernier palier (Tier 4) à l’Indice global de cybersécurité 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Selon l’organisation, le pays affiche une performance relativement bonne dans le pilier du cadre législatif, mais doit intensifier ses efforts dans les volets organisationnels, techniques, de développement des capacités et de coopération. Les États‑Unis, quant à eux, sont classés parmi les modèles à suivre au plan mondial.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 13 janvier 2026)
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