OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Août 2026 > Cybercriminalité en Afrique : en 2025, l’intelligence artificielle a été (…)

Cybercriminalité en Afrique : en 2025, l’intelligence artificielle a été utilisée dans plus d’une attaque sur deux, selon INTERPOL

jeudi 6 août 2026

Cybersécurité/Cybercriminalité

L’intelligence artificielle est en train de redéfinir le paysage de la cybercriminalité en Afrique. Longtemps considérée comme un simple outil d’assistance pour les pirates informatiques, elle est désormais au cœur de leurs opérations. C’est l’un des principaux enseignements du Rapport d’évaluation de la cybermenace africaine 2026, publié en juin par INTERPOL sur la base d’une enquête menée auprès des services de police de 36 pays africains.

Selon INTERPOL, 55 % des affaires de cybercriminalité enregistrées en 2025 sur le continent faisaient intervenir l’intelligence artificielle : 47 % de manière occasionnelle et 8 % de façon régulière.

Le rapport décrit cette évolution comme un véritable changement de paradigme. L’IA n’est plus seulement utilisée pour améliorer certaines étapes d’une attaque ; elle permet désormais d’automatiser l’ensemble de la chaîne d’action des cybercriminels, depuis l’identification des cibles jusqu’à la dissimulation des traces, en passant par la création de campagnes de phishing personnalisées ou l’extorsion.

Grâce à la démocratisation des outils d’IA générative, des individus disposant de compétences techniques limitées peuvent aujourd’hui mener des opérations sophistiquées auparavant réservées à des groupes hautement spécialisés.

Le rapport met en évidence une explosion des contenus hypertruqués (deepfakes) utilisés dans les escroqueries financières.

Entre le deuxième et le quatrième trimestre 2024, les incidents liés à ces contenus ont été multipliés par sept en Afrique.

En Ouganda, une vidéo falsifiée mettant en scène une personnalité publique a servi à promouvoir un faux investissement financier. L’opération aurait causé plus de 2 millions de dollars de pertes avant l’intervention des autorités.

INTERPOL cite également plusieurs plateformes frauduleuses, dont CryptoBridge Exchange, Optcoin et AfriQuantumX, qui ont utilisé des vidéos truquées de dirigeants et d’influenceurs pour convaincre des victimes d’investir dans de prétendus systèmes de trading automatisé.

L’organisation note également l’apparition de nouvelles générations de rançongiciels capables d’utiliser l’IA générative pour adapter automatiquement leur code malveillant ou personnaliser leurs demandes de rançon, à l’image de la souche PromptLock.

Même si ces attaques restent encore limitées, INTERPOL estime qu’elles annoncent une évolution profonde des méthodes employées par les groupes criminels.

Autre phénomène en forte progression : la sextorsion.

Les générateurs d’images alimentés par l’IA permettent désormais de créer des contenus explicites extrêmement réalistes à partir d’une simple photographie récupérée sur les réseaux sociaux.

Au Ghana, les pertes financières subies par les victimes âgées de 18 à 24 ans auraient été multipliées par cinq, les cybercriminels exploitant ces images truquées pour exercer un chantage de plus en plus crédible.

Le rapport souligne également une progression des identités synthétiques, créées en combinant des informations réelles et des données générées artificiellement afin de contourner les procédures de vérification d’identité (KYC).

Ces faux profils servent notamment à ouvrir des comptes bancaires, enregistrer des cartes SIM ou solliciter des crédits mobiles. Des cas ont notamment été signalés au Cameroun, au Mali et en Tanzanie.

Face à cette mutation rapide, les capacités des forces de l’ordre progressent plus lentement.

Seules 33 % des agences interrogées déclarent utiliser l’IA pour la détection des menaces, tandis que 31 % l’exploitent dans leurs activités de criminalistique numérique.

Le principal frein reste toutefois humain. INTERPOL indique que 92 % des agences considèrent le manque de compétences comme leur principal obstacle, tandis que seulement 8 % des analystes du renseignement disposent d’une expertise avancée en intelligence artificielle.

Pour de nombreux enquêteurs, reconnaître une vidéo truquée, un appel vocal cloné ou un courriel généré automatiquement demeure encore un exercice complexe.

Cette montée en puissance de l’IA intervient alors que la cybercriminalité connaît une accélération sans précédent en Afrique.

Selon INTERPOL, les pertes financières directement déclarées sont passées de 192 millions de dollars en 2024 à 484 millions de dollars en 2025. Le nombre de victimes identifiées a, dans le même temps, bondi de 35 000 à 87 000.

Au total, les dommages économiques directs imputables à la cybercriminalité sont désormais estimés à au moins 5 milliards de dollars sur le continent.

Pour INTERPOL, la priorité n’est plus uniquement d’acquérir de nouveaux outils technologiques. L’organisation appelle les États africains à investir massivement dans la formation de leurs enquêteurs afin qu’ils puissent identifier les contenus générés par intelligence artificielle, tout en renforçant la coopération entre pays face à des réseaux criminels qui innovent désormais au rythme des progrès de l’IA.

L’un des principaux enseignements de ce rapport est clair : alors que l’intelligence artificielle devient un levier majeur de développement économique pour l’Afrique, elle s’impose aussi comme un accélérateur des menaces cyber. Pour les États, l’enjeu n’est plus seulement d’adopter l’IA, mais de développer les compétences, les cadres réglementaires et les capacités opérationnelles nécessaires pour en limiter les dérives avant qu’elles ne prennent une avance difficile à rattraper.

Loic SOUOP

(Source : Digital Business Africa, 6 août 2026)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4637/5759 Régulation des télécoms
  • 402/5759 Télécentres/Cybercentres
  • 3688/5759 Economie numérique
  • 1902/5759 Politique nationale
  • 5305/5759 Fintech
  • 699/5759 Noms de domaine
  • 2381/5759 Produits et services
  • 1553/5759 Faits divers/Contentieux
  • 841/5759 Nouveau site web
  • 5759/5759 Infrastructures
  • 1861/5759 TIC pour l’éducation
  • 194/5759 Recherche
  • 247/5759 Projet
  • 3718/5759 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2311/5759 Sonatel/Orange
  • 1652/5759 Licences de télécommunications
  • 297/5759 Sudatel/Expresso
  • 1045/5759 Régulation des médias
  • 1534/5759 Applications
  • 1212/5759 Mouvements sociaux
  • 1724/5759 Données personnelles
  • 148/5759 Big Data/Données ouvertes
  • 637/5759 Mouvement consumériste
  • 367/5759 Médias
  • 657/5759 Appels internationaux entrants
  • 1746/5759 Formation
  • 115/5759 Logiciel libre
  • 2456/5759 Politiques africaines
  • 1094/5759 Fiscalité
  • 174/5759 Art et culture
  • 597/5759 Genre
  • 1945/5759 Point de vue
  • 1071/5759 Commerce électronique
  • 1510/5759 Manifestation
  • 325/5759 Presse en ligne
  • 130/5759 Piratage
  • 208/5759 Téléservices
  • 1243/5759 Biométrie/Identité numérique
  • 369/5759 Environnement/Santé
  • 346/5759 Législation/Réglementation
  • 362/5759 Gouvernance
  • 1868/5759 Portrait/Entretien
  • 147/5759 Radio
  • 875/5759 TIC pour la santé
  • 308/5759 Propriété intellectuelle
  • 64/5759 Langues/Localisation
  • 1154/5759 Médias/Réseaux sociaux
  • 2192/5759 Téléphonie
  • 196/5759 Désengagement de l’Etat
  • 1039/5759 Internet
  • 121/5759 Collectivités locales
  • 422/5759 Dédouanement électronique
  • 1359/5759 Usages et comportements
  • 1049/5759 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 569/5759 Audiovisuel
  • 3945/5759 Transformation digitale
  • 396/5759 Affaire Global Voice
  • 182/5759 Géomatique/Géolocalisation
  • 328/5759 Service universel
  • 684/5759 Sentel/Tigo
  • 185/5759 Vie politique
  • 2013/5759 Distinction/Nomination
  • 35/5759 Handicapés
  • 731/5759 Enseignement à distance
  • 815/5759 Contenus numériques
  • 605/5759 Gestion de l’ARTP
  • 179/5759 Radios communautaires
  • 2191/5759 Qualité de service
  • 550/5759 Privatisation/Libéralisation
  • 138/5759 SMSI
  • 492/5759 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2830/5759 Innovation/Entreprenariat
  • 1420/5759 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 49/5759 Internet des objets
  • 180/5759 Free Sénégal
  • 900/5759 Intelligence artificielle
  • 198/5759 Editorial
  • 71/5759 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5759 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous