Cyberattaque présumée à la DAF : inquiétudes autour de la sécurité des données d’identité au Sénégal
vendredi 6 février 2026
Une vive inquiétude agite l’opinion publique sénégalaise depuis la diffusion, sur les réseaux sociaux, de messages évoquant une cyberattaque d’ampleur visant la Direction de l’Automatisation du Fichier (DAF), structure centrale dans la gestion des données d’identité biométriques au Sénégal. Plusieurs voix issues du monde numérique, politique et de la société civile appellent désormais à plus de transparence de la part des autorités sur l’état réel de la situation.
Selon des informations relayées en ligne par divers acteurs, des pirates informatiques auraient réussi à accéder au système de gestion des données d’identité, exfiltrant un volume massif de données qui aurait ensuite été diffusé sur le dark web. Certains messages évoquent un total de 139 téraoctets de données potentiellement compromises, incluant des informations biométriques et d’état civil. À ce stade, aucune confirmation officielle détaillée n’a été rendue publique sur l’ampleur réelle de la fuite ou sur la nature exacte des données concernées.
Des experts et observateurs de la cybersécurité soulignent que si ces informations se confirment, il s’agirait d’un incident grave touchant directement à la sécurité nationale et à la protection des citoyens. Les bases de données d’identité, qui regroupent cartes nationales biométriques et autres documents officiels, constituent aujourd’hui des infrastructures critiques pour la souveraineté numérique d’un État. Leur compromission pourrait exposer les citoyens à des risques de fraude, d’usurpation d’identité ou d’exploitation malveillante.
Au-delà de l’aspect technique, plusieurs intervenants insistent sur la dimension stratégique de la cybersécurité. Dans un contexte mondial marqué par la montée des menaces hybrides — mêlant cyberattaques, désinformation et déstabilisation numérique — la protection des systèmes d’information étatiques est devenue un enjeu majeur de souveraineté. « Quand ce sont les données d’identité qui sont visées, ce ne sont pas seulement des serveurs qu’on attaque, ce sont les citoyens et la confiance nationale », estime un spécialiste sénégalais du numérique.
Certains observateurs évoquent également la nécessité d’une communication officielle rapide et transparente. Pour eux, le silence ou l’absence d’informations précises peut alimenter les rumeurs et fragiliser la confiance du public. Ils appellent les autorités à clarifier la situation, expliquer les mesures prises et rassurer les citoyens sur la sécurité de leurs données personnelles.
Cette affaire intervient par ailleurs dans un contexte de tensions signalées entre l’État et certains partenaires technologiques internationaux impliqués dans les systèmes d’identification, ce qui renforce les interrogations sur la gouvernance et la sécurisation des infrastructures numériques nationales.
En attendant une prise de parole officielle détaillée, la situation met en lumière l’urgence, pour de nombreux acteurs, de renforcer les stratégies nationales de cybersécurité, de former davantage d’experts locaux et de considérer la protection des données comme une priorité stratégique au plus haut niveau de l’État.
Qu’elle soit confirmée ou non dans toutes ses dimensions, l’alerte autour de la DAF rappelle que la souveraineté d’un pays ne se limite plus à ses frontières physiques. Elle repose désormais aussi sur sa capacité à protéger ses données, ses systèmes et la confiance de ses citoyens dans l’ère numérique.
(Source : Xalima, 6 février 2026)
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