Crypto-actifs : exclus du bac à sable de la BCEAO, ils seront au cœur des débats à Cotonou
lundi 2 novembre 2026
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a exclu les projets liés aux crypto-actifs de la première cohorte de son Laboratoire d’innovation financière, ouverte aux candidatures jusqu’au 30 novembre 2026. Cinq jours plus tôt, l’Africa Blockchain & Crypto Conference (ABCC 2026) réunira à Cotonou décideurs publics et acteurs privés autour de l’encadrement de ces actifs.
L’appel à candidatures publié le 14 octobre par la BCEAO est explicite : le dispositif « ne concerne pas les projets relatifs aux crypto-actifs ». Ce bac à sable réglementaire, ouvert aux établissements agréés et aux entreprises de technologies financières de l’UEMOA, doit permettre de tester des services innovants dans un cadre contrôlé, sous la supervision de la Banque centrale.
Les fintech qui travaillent sur le paiement, le crédit ou l’épargne numérique peuvent donc postuler, comme SocialNetLink l’a détaillé lors du lancement de l’appel. Celles dont le projet porte sur les crypto-actifs restent en dehors de cette première sélection.
Une réglementation toujours en préparation
Cette exclusion est cohérente avec la ligne prudente de l’institut d’émission. Le 22 juillet, lors de la présentation du rapport annuel 2025 de la BCEAO à Dakar, le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou a rappelé que les crypto-actifs ne relevaient d’aucun cadre réglementaire dans l’Union. « Ce n’est pas une monnaie. Ce n’est pas réglementé. Donc soyez prudents », a-t-il déclaré, selon Togo First.
D’après le même média, l’élaboration d’une réglementation est conduite avec l’AMF-UMOA, à la suite de la première conférence internationale de la BCEAO sur les crypto-actifs, organisée à Dakar en mai 2026. Aucune date de publication des textes n’a été communiquée. Les stablecoins font, eux, l’objet d’un examen au niveau de l’Association des banques centrales africaines.
Cotonou mise sur l’expérimentation encadrée
C’est sur ce terrain que se place l’ABCC 2026, organisée le 25 novembre au Sofitel Cotonou Marina Hotel & Spa par l’Alliance Fintech UEMOA. Selon son communiqué, la conférence veut distinguer « les usages économiques crédibles » des risques à contenir, et préciser les conditions dans lesquelles des expérimentations peuvent être conduites sous supervision.
Les organisateurs s’appuient sur les consultations menées par l’Initiative Crypto UEMOA à Dakar, en mai, puis à Abidjan, en juillet, auprès de sept ensembles institutionnels. Ces échanges ont fait ressortir, selon eux, le besoin de cartographier les acteurs et les flux, de renforcer l’analyse des transactions sur blockchain, de clarifier les règles et de préparer des expérimentations encadrées. Une clinique réservée aux régulateurs et au secteur public figure au programme.
La journée sera suivie du Next Fintech Forum 2026, les 26 et 27 novembre, organisé par la même Alliance.
Il reviendra à la BCEAO et à l’AMF-UMOA de dire si les projets liés aux crypto-actifs pourront, à terme, intégrer une future cohorte du laboratoire. Pour l’heure, ni le calendrier ni le contenu de la future réglementation n’ont été rendus publics.
(Source : Social Net Link, 2 novembre 2026)
OSIRIS