OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Novembre 2026 > Crypto-actifs dans l’UEMOA : les cinq chantiers au programme de l’ABCC 2026 (…)

Crypto-actifs dans l’UEMOA : les cinq chantiers au programme de l’ABCC 2026 à Cotonou

lundi 2 novembre 2026

Fintech

Régulation, lutte contre le blanchiment, cybersécurité, paiements transfrontaliers et compétences : l’Africa Blockchain & Crypto Conference (ABCC 2026), prévue le 25 novembre à Cotonou, organise ses travaux autour de cinq chantiers techniques. Objectif affiché par ses organisateurs : doter l’UEMOA d’une réponse coordonnée face à l’essor des actifs numériques.

La montée en puissance des crypto-actifs, des stablecoins et des applications de la blockchain redessine progressivement les contours de l’industrie financière mondiale. En Afrique, où les paiements numériques occupent déjà une place importante dans les échanges économiques, ces nouvelles technologies ouvrent des perspectives considérables, mais soulèvent également des questions de souveraineté monétaire, de stabilité financière, de sécurité et de protection des utilisateurs.

La conférence, organisée par l’Alliance Fintech UEMOA au Sofitel Cotonou Marina Hotel & Spa, a pour thème « Actifs numériques dans l’UEMOA : instaurer la confiance par la régulation, sécuriser les écosystèmes et libérer la valeur ». Elle vise à réunir autorités publiques, régulateurs, cellules de renseignement financier, banques, fintechs, investisseurs et spécialistes de la cybersécurité, selon le communiqué des organisateurs.

Le sujet se pose alors que l’Union ne dispose toujours pas de cadre réglementaire pour les crypto-actifs. En juillet, le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a indiqué que ce chantier était mené avec l’AMF-UMOA, sans échéance de publication, et appelé le public à la prudence, selon Togo First. La Banque centrale a par ailleurs exclu les projets liés aux crypto-actifs de la première cohorte de son laboratoire d’innovation financière.

Cette problématique appelle une réponse dépassant les frontières nationales. La diversité des acteurs, la circulation internationale des capitaux numériques et l’interconnexion des plateformes rendent nécessaire une coordination entre les institutions de régulation, les acteurs bancaires et les autorités chargées de la surveillance financière.

Dans cette perspective, le dossier technique de l’ABCC 2026 retient cinq chantiers présentés comme prioritaires pour construire un environnement régional plus sûr et plus cohérent.

1. Construire un cadre juridique et fiscal adapté aux nouveaux actifs financiers

Le premier défi concerne la clarification du cadre réglementaire applicable aux crypto-actifs et aux services qui leur sont associés.

La qualification juridique des actifs numériques, les responsabilités des intermédiaires, les obligations fiscales et les mécanismes de protection des utilisateurs constituent autant de questions auxquelles les autorités devront apporter des réponses précises.

L’enjeu est de parvenir à un équilibre entre la prévention des risques et le développement de nouveaux services financiers. Un encadrement trop restrictif pourrait limiter les initiatives innovantes et pousser certains opérateurs vers des juridictions moins contraignantes. À l’inverse, une réglementation insuffisante exposerait les utilisateurs et les institutions à des risques de fraude, de pertes financières et de défaillances opérationnelles.

Une attention particulière sera également portée aux stablecoins, ces actifs numériques dont la valeur est généralement adossée à une monnaie ou à un autre actif de référence.

Leur développement dans les paiements et les transferts internationaux pose notamment la question de leur gouvernance, de la qualité des réserves qui les garantissent et de leurs implications pour la souveraineté monétaire des États.

Pour les économies africaines, la question est stratégique : il s’agit de tirer profit de ces instruments sans fragiliser les mécanismes existants de régulation monétaire et financière.

2. Renforcer la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme

Le deuxième chantier porte sur la sécurisation des flux financiers numériques.

Si la blockchain offre des possibilités inédites de traçabilité des transactions, son utilisation dans des circuits financiers complexes peut également faciliter certaines opérations illicites, notamment lorsque les acteurs et les plateformes échappent aux dispositifs traditionnels de surveillance.

La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) nécessite donc de nouvelles capacités d’investigation et d’analyse.

Les travaux envisagés porteront sur l’identification des acteurs, la cartographie des flux, l’analyse des transactions sur les blockchains et le renforcement des échanges d’informations entre les superviseurs financiers, les cellules de renseignement financier, les banques et les plateformes numériques.

L’objectif est de développer des méthodes communes permettant de détecter plus efficacement les transactions suspectes et les circuits financiers à risque.

Cette dimension est particulièrement importante dans un environnement où les transactions numériques peuvent traverser plusieurs juridictions en quelques secondes. Sans coopération régionale, les dispositifs nationaux risquent de présenter des failles exploitables par les réseaux criminels.

3. Faire de la cybersécurité une priorité de la finance numérique

La sécurisation des actifs numériques constitue un autre enjeu majeur. Contrairement aux systèmes financiers traditionnels, les infrastructures fondées sur la blockchain reposent sur des mécanismes techniques spécifiques dont la maîtrise exige des compétences avancées.

La conservation des actifs, la gestion des clés cryptographiques, la sécurité des contrats intelligents (smart contracts) et la prévention des fraudes figurent parmi les principaux risques à prendre en compte.

Une défaillance technique, une attaque informatique ou une mauvaise gestion des accès peut entraîner des pertes financières importantes, parfois difficiles à récupérer.

Le volet consacré à la sécurité, notamment à travers la Security Stage et le Security & Forensics Lab, permettra d’aborder ces problématiques sous un angle opérationnel.

Des simulations de crise devront également permettre d’évaluer la capacité des institutions à réagir face à une cyberattaque, une compromission de portefeuille numérique ou une défaillance d’infrastructure.

Au-delà des outils technologiques, la question de la responsabilité des différents intervenants sera déterminante : rôle de chacun en cas d’incident, circuits d’alerte et coordination des réponses entre institutions financières et prestataires technologiques.

Pour les acteurs économiques, la confiance restera l’une des conditions essentielles de l’adoption durable de ces nouveaux instruments.

4. Transformer la blockchain en levier de financement et d’intégration économique

Le quatrième chantier est celui des usages économiques. C’est probablement sur ce terrain que les actifs numériques pourraient produire les effets les plus tangibles pour les économies africaines.

Les paiements transfrontaliers, la tokenisation des actifs réels, les transactions entre entreprises (B2B), le financement du commerce et les applications de la blockchain au financement du développement constituent plusieurs pistes d’exploration.

Les paiements transfrontaliers représentent notamment un enjeu important pour les entreprises, les opérateurs économiques et les populations. La recherche de solutions plus rapides, moins coûteuses et interopérables pourrait contribuer à améliorer la fluidité des échanges commerciaux et financiers.

La tokenisation constitue une autre piste prometteuse. Elle consiste à représenter numériquement des actifs réels, tels que des créances, des biens immobiliers ou certains instruments financiers, afin de faciliter leur échange, leur gestion ou leur mobilisation.

Dans le financement du développement, ces mécanismes pourraient ouvrir de nouvelles perspectives de mobilisation de capitaux, sous réserve de garanties juridiques, de transparence et de protection des investisseurs.

Toutefois, l’intérêt économique de ces innovations devra être évalué à partir de leur capacité à répondre à des besoins concrets. La technologie ne constitue pas une finalité en soi. Sa pertinence dépendra de la réduction des coûts, de l’amélioration de l’accès au financement et de la création de valeur pour les entreprises et les populations.

La question de l’interopérabilité entre les systèmes financiers existants et les nouvelles infrastructures numériques sera également déterminante pour envisager un déploiement à grande échelle.

5. Développer les compétences et les capacités d’expérimentation des institutions

Le dernier chantier concerne les ressources humaines, les données et les capacités techniques des institutions.

Selon les organisateurs, les étapes de l’Initiative Crypto UEMOA à Dakar, les 7 et 8 mai 2026, puis à Abidjan, les 1er et 2 juillet, ont notamment mis en évidence le besoin de disposer de données fiables, de cartographies précises du marché et de compétences spécialisées au sein des administrations et des organismes de supervision.

L’absence de données consolidées constitue en effet un obstacle à l’élaboration de politiques publiques adaptées. Pour réglementer efficacement un secteur, les autorités doivent pouvoir identifier les acteurs, comprendre les modèles économiques, mesurer les volumes d’activité et évaluer les risques.

La formation des régulateurs et des responsables du secteur public devient ainsi une priorité.

Les cliniques destinées aux autorités de régulation, les démonstrations technologiques et les laboratoires d’expérimentation permettront d’examiner les outils disponibles, de tester des protocoles et d’évaluer des projets pilotes dans un environnement encadré.

Cette approche expérimentale pourrait aider les institutions à mieux comprendre les innovations avant leur éventuelle adoption ou intégration dans les dispositifs réglementaires.

De la réflexion aux décisions opérationnelles

Au-delà de ces cinq priorités, l’architecture du programme repose sur une articulation entre réflexion stratégique, expertise technique et rencontres professionnelles.

La plénière exécutive doit définir les grandes orientations, tandis que les différents espaces thématiques — Policy Stage, Business Stage, Security Stage et Innovation Stage — permettront d’approfondir respectivement les enjeux réglementaires, les modèles économiques, la maîtrise des risques et les évolutions technologiques.

Le dispositif prévoit également une Regulator & Public Sector Clinic destinée aux acteurs publics et aux régulateurs, des espaces de rencontres d’affaires (Deal Rooms), un Security & Forensics Lab, une Crisis Room ainsi que des démonstrations et rencontres B2B. Cette organisation vise à rapprocher les discussions des réalités opérationnelles, en favorisant l’identification de solutions, de partenariats et de projets concrets.

Les organisateurs visent 200 à 300 participants issus des huit pays de l’UEMOA, dont plus de trente institutions publiques. Six documents sont annoncés à l’issue des travaux, parmi lesquels un plan d’action régional sur les actifs numériques, une cartographie des risques et un recueil des projets examinés, avec un tableau de suivi à six et douze mois. La conférence précède le Next Fintech Forum 2026, organisé les 26 et 27 novembre au même endroit.

Un enjeu de souveraineté et de compétitivité financière

La transformation numérique de la finance africaine ne pourra se limiter à l’adoption de technologies développées ailleurs. Elle suppose également la capacité des États et des institutions régionales à définir leurs propres règles, à maîtriser les infrastructures critiques et à développer une expertise locale.

Pour les économies africaines, l’enjeu est double : protéger les systèmes financiers contre les nouveaux risques tout en évitant de passer à côté des opportunités offertes par les innovations numériques.

La réussite d’une telle démarche dépendra de la capacité des autorités à harmoniser leurs approches, à renforcer la coopération transfrontalière et à instaurer un dialogue permanent avec les acteurs privés.

À terme, la question centrale ne sera pas seulement de savoir comment réglementer les crypto-actifs et la blockchain, mais surtout comment les intégrer de manière responsable dans les stratégies de développement économique et financier de la région.

La portée réelle de ces travaux dépendra de la suite que leur donneront la BCEAO, l’AMF-UMOA et les États membres, seuls habilités à fixer les règles applicables dans l’Union.

(Source : Social Net Link, 2 novembre 2026)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4601/5323 Régulation des télécoms
  • 348/5323 Télécentres/Cybercentres
  • 3496/5323 Economie numérique
  • 1859/5323 Politique nationale
  • 5323/5323 Fintech
  • 543/5323 Noms de domaine
  • 1991/5323 Produits et services
  • 1584/5323 Faits divers/Contentieux
  • 808/5323 Nouveau site web
  • 5178/5323 Infrastructures
  • 1812/5323 TIC pour l’éducation
  • 212/5323 Recherche
  • 248/5323 Projet
  • 3708/5323 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2046/5323 Sonatel/Orange
  • 1636/5323 Licences de télécommunications
  • 283/5323 Sudatel/Expresso
  • 1033/5323 Régulation des médias
  • 1316/5323 Applications
  • 1094/5323 Mouvements sociaux
  • 1760/5323 Données personnelles
  • 149/5323 Big Data/Données ouvertes
  • 630/5323 Mouvement consumériste
  • 374/5323 Médias
  • 649/5323 Appels internationaux entrants
  • 1680/5323 Formation
  • 97/5323 Logiciel libre
  • 2136/5323 Politiques africaines
  • 1035/5323 Fiscalité
  • 186/5323 Art et culture
  • 602/5323 Genre
  • 2154/5323 Point de vue
  • 1116/5323 Commerce électronique
  • 1566/5323 Manifestation
  • 327/5323 Presse en ligne
  • 128/5323 Piratage
  • 220/5323 Téléservices
  • 1006/5323 Biométrie/Identité numérique
  • 323/5323 Environnement/Santé
  • 378/5323 Législation/Réglementation
  • 365/5323 Gouvernance
  • 1844/5323 Portrait/Entretien
  • 152/5323 Radio
  • 778/5323 TIC pour la santé
  • 325/5323 Propriété intellectuelle
  • 59/5323 Langues/Localisation
  • 1123/5323 Médias/Réseaux sociaux
  • 2061/5323 Téléphonie
  • 200/5323 Désengagement de l’Etat
  • 1067/5323 Internet
  • 119/5323 Collectivités locales
  • 434/5323 Dédouanement électronique
  • 1220/5323 Usages et comportements
  • 1077/5323 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 570/5323 Audiovisuel
  • 3405/5323 Transformation digitale
  • 386/5323 Affaire Global Voice
  • 180/5323 Géomatique/Géolocalisation
  • 398/5323 Service universel
  • 674/5323 Sentel/Tigo
  • 182/5323 Vie politique
  • 1733/5323 Distinction/Nomination
  • 35/5323 Handicapés
  • 724/5323 Enseignement à distance
  • 736/5323 Contenus numériques
  • 594/5323 Gestion de l’ARTP
  • 188/5323 Radios communautaires
  • 1855/5323 Qualité de service
  • 457/5323 Privatisation/Libéralisation
  • 135/5323 SMSI
  • 496/5323 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2820/5323 Innovation/Entreprenariat
  • 1445/5323 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5323 Internet des objets
  • 179/5323 Free Sénégal
  • 801/5323 Intelligence artificielle
  • 199/5323 Editorial
  • 15/5323 Gaming/Jeux vidéos
  • 47/5323 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous