Création du Cnrm : L’Appel dénonce une méthode d’élaboration non inclusive
vendredi 9 janvier 2026
L’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (Appel) salue la création du Conseil national de régulation des médias (Cnrm), mais condamne le processus de son élaboration pour lequel l’Appel dit n’avoir pas été associée. Le projet de loi portant création, organisation et fonctionnement du Conseil national de régulation des médias (Cnrm) a été adopté, avant-hier mercredi, en Conseil des ministres.
Un sentiment mitigé anime l’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (Appel) au vu de l’adoption en Conseil des ministres, ce mercredi 7 janvier 2026, du projet de loi portant création, organisation et fonctionnement du Conseil national de régulation des médias (Cnrm). Si l’Appel se félicite de cette nouvelle instance destinée à succéder au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), elle s’offusque du manque d’inclusion du processus de création. L’Appel informe, en effet, n’avoir pas été associée au processus. « Cependant, cette satisfaction est tempérée par la méthode d’élaboration du projet de loi. L’Appel déplore vivement une approche jugée cavalière, clivante et non inclusive. Depuis l’atelier de partage, organisé le 24 janvier 2025 au Building administratif, sous la présidence du Ministre de la communication, des télécommunications et du numérique (Mctn), les organisations professionnelles ont été systématiquement tenues à l’écart. L’Appel n’a été conviée à aucune séance d’élaboration ou de relecture de ce texte stratégique, alors même que les médias numériques sont au cœur de ces enjeux de régulation », peut-on lire dans un communiqué de presse. Ibrahima Lissa Faye, president de l’Appel, et ses camarades jugent « anormal » que d’autres acteurs soient appelés pour décider à la place des vrais acteurs du projet qu’ils incarnent. « Il apparaît que le projet a été conçu en circuit fermé par un comité de juristes, sans l’implication des acteurs concernés. Cette démarche rompt avec la tradition de consensus et de concertation qui a toujours prévalu dans l’élaboration des textes régissant notre profession. Historiquement, les textes réglementaires sont le fruit d’une co-construction impliquant toutes les parties prenantes (acteurs, juristes, Etat et Société civile) à partir d’un avant-projet, permettant ainsi des inputs et des ajustements concertés. Ce processus inclusif n’a malheureusement pas été respecté pour le Cnrm », font-ils remarquer.
L’Appel refuse de se prononcer
Ecartés du processus, les membres de l’association de la presse en ligne en tirent les conséquences. Ils disent qu’ils ne peuvent se prononcer sur un projet pour lequel ils n’ont pas été associés dans le processus d’élaboration. « En conséquence, les éditeurs de la presse en ligne ne sont pas en mesure, à ce stade, de se prononcer sur le contenu technique et les modalités de fonctionnement de ce futur organe », indique le communiqué de presse. « Nous ne pouvons ni valider ni critiquer le fond d’un texte dont nous ignorons toute de la teneur. Il est regrettable que les principaux concernés soient les derniers informés des règles qui vont régir leur propre profession », peut-on lire dans ce communiqué. Tout de même, la structure dit réaffirmer sa disponibilité au dialogue et « rappelle avec force que la refondation durable de notre paysage médiatique ne pourra se réaliser sans une approche véritablement inclusive et participative ». L’Appel est convaincue de l’importance d’une autorité de régulation transversale pour le secteur médiatique car depuis de nombreuses années, elle dit avoir mené le combat pour l’instauration d’une telle autorité adaptée aux évolutions technologiques et aux défis contemporains du secteur médiatique. « Nous sommes convaincus que la crise multidimensionnelle que traverse actuellement le secteur des médias est, en grande partie, imputable à l’absence d’un régulateur doté de pouvoirs étendus, capable de garantir un exercice professionnel, responsable et rigoureux du métier de journaliste, en particulier sur les plateformes numériques », fait savoir l’Appel.
Amadou Mbodji
(Source : Le Quotidien, 9 janvier 2026)
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