Création de contenus : l’Ouganda lance un fonds public de 1,4 million $ pour structurer le secteur
mardi 3 mars 2026
Le marché africain de la création de contenus numériques est en pleine croissance. Le président ougandais a fait une annonce qui devrait permettre aux jeunes du pays de surfer sur la croissance de ce secteur.
En Ouganda, le président Yoweri Museveni a annoncé la mise en place d’un fonds public de 5 milliards de shillings ougandais (environ 1,4 million $) destiné à soutenir les créateurs de contenus, un secteur en pleine expansion porté par les réseaux sociaux et les plateformes numériques. L’annonce a été faite le dimanche 1er mars lors de la 2e édition du Jazz with Jajja, une série d’événements de dialogue et de mentorat où le président de la République échange directement avec des jeunes du pays.
L’initiative vise à structurer une industrie encore largement informelle mais devenue stratégique pour l’emploi des jeunes. Les ressources seront mobilisées à travers une coopérative d’épargne et de crédit (SACCO), conçue pour faciliter l’accès au financement des créateurs organisés en associations professionnelles. L’objectif est de permettre aux influenceurs, vidéastes, podcasteurs et autres producteurs de contenus digitaux d’investir dans leurs activités et d’en améliorer la rentabilité.
Pour les autorités ougandaises, la création de contenus ne relève plus uniquement du divertissement. Elle constitue désormais un levier économique capable de soutenir la promotion des entreprises locales, d’encourager la consommation nationale et de générer de nouveaux revenus dans l’économie numérique. Le gouvernement considère les créateurs comme des intermédiaires modernes du marketing et de la communication commerciale, capables d’influencer les marchés grâce aux plateformes sociales.
Avec l’accélération de la transformation numérique, le marché africain de la création de contenus numériques est en pleine croissance. Selon les projections du cabinet d’analyse Coherent Market Insights, il est évalué à 5,1 milliards $ en 2025 et pourrait atteindre près de 30 milliards d’ici 2032, avec un taux de croissance annuel estimé à 28,9 %. En structurant le secteur autour d’un mécanisme financier dédié, Kampala ambitionne d’encourager la professionnalisation des acteurs, tout en renforçant leur contribution à la croissance économique.
Au-delà du financement, l’initiative pourrait favoriser l’émergence d’un écosystème plus organisé, intégrant formation, collaboration avec les marques et meilleure monétisation des contenus. Toutefois, son impact dépendra de l’élargissement de l’accès à Internet et aux réseaux sociaux, encore limités dans le pays.
Il faut souligner qu’à la fin de l’année 2025, 11,4 millions de personnes utilisaient Internet en Ouganda pour un taux de pénétration de 22,0 %, selon les données de DataReportal. Les réseaux sociaux, qui constituent la pierre angulaire de la création de contenus numériques, ne comptaient que 2,4 millions d’utilisateurs, soit 4,6 % de la population du pays, selon la même source.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 3 mars 2026)
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