Côte d’Ivoire : 152 millions $ pour accélérer la transformation numériqueH
jeudi 5 février 2026
La Banque mondiale estime que l’économie numérique pourrait rapporter plus de 20 milliards $ à la Côte d’Ivoire d’ici 2050, si le gouvernement et le secteur privé renforcent leurs investissements dans les cinq piliers fondamentaux de l’économie numérique.
Le gouvernement ivoirien a approuvé, en Conseil des ministres le mercredi 4 février, un prêt de 83,3 milliards CFA (152 millions USD) destiné au financement de la première phase du Projet d’accélération digitale en Côte d’Ivoire (PADCI). Cette initiative vise à renforcer l’usage inclusif et résilient de l’Internet haut débit et des services numériques dans des secteurs sociaux ciblés.
Selon les autorités, le projet prévoit notamment la fourniture d’assistance technique et d’équipements pour créer et rendre opérationnelles des agences numériques et des instances de gouvernance de l’intelligence artificielle. Il prévoit également le développement de compétences numériques avancées et intermédiaires, en ciblant particulièrement les jeunes et les femmes.
« À terme, ce projet permettra d’accélérer la numérisation des services publics dans les secteurs clés, d’étendre la connectivité haut débit aux structures publiques telles que les établissements d’enseignement, les centres de santé, les centres sociaux, les mairies, les sous-préfectures, les tribunaux, les bureaux de poste et les directions régionales, et d’améliorer l’accès aux services publics numériques des populations éloignées et vulnérables », indiquent les autorités.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du gouvernement ivoirien visant à faire du numérique un levier de développement socio-économique. L’exécutif estime que la numérisation des services publics rapprochera l’administration des populations tout en augmentant les recettes de l’État. En décembre 2025, 232 services publics administratifs étaient déjà disponibles en ligne, notamment dans des secteurs stratégiques pour l’inclusion et la gouvernance, comme l’état civil, la justice, l’éducation, la santé et l’agriculture. La couverture Internet des structures prévues par la première phase du PADCI s’inscrit dans cette logique de digitalisation.
Cependant, améliorer l’accès aux services publics numériques pour les populations éloignées et vulnérables implique de relever plusieurs défis : couverture Internet dans les zones reculées, disponibilité d’appareils connectés, accessibilité financière des offres Internet, et compétences numériques de base. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), les réseaux 2G, 3G et 4G couvraient respectivement 98,9 %, 98,3 % et 93,7 % de la population ivoirienne. Malgré ces taux élevés, plusieurs centaines de zones blanches dépourvues de couverture subsistent. L’UIT estimait le taux de pénétration d’Internet dans le pays à 40,7 % en 2023.
Sur le plan international, la Côte d’Ivoire se classait 124e sur 193 pays en 2024 à l’Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies, avec un score de 0,5587 sur 1. Le pays se situe au-dessus de la moyenne africaine mais en dessous de la moyenne mondiale. En matière de cybersécurité, l’UIT le situe au troisième palier sur cinq : les mesures organisationnelles et le cadre réglementaire sont jugés relativement satisfaisants, mais des efforts restent à fournir sur le plan technique, pour le développement des capacités et la coopération.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 5 février 2026)
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