Coopération numérique : la Zambie veut s’inspirer de l’expérience kényane
vendredi 13 mars 2026
Les pays africains accélèrent leur transformation numérique. Pour soutenir cette dynamique, les États misent de plus en plus sur la coopération Sud-Sud et l’entraide régionale.
Le gouvernement de la Zambie cherche à tirer parti de l’expérience du Kenya dans le développement de l’économie numérique. Dans cette optique, le ministre zambien de la Technologie et de la Science, Felix Mutati, a effectué une visite à Nairobi cette semaine où il a rencontré le ministre chargé de l’Innovation et de l’Économie numérique, Stephen Isaboke.
Les discussions ont porté sur plusieurs chantiers clés, dont la cybersécurité et la régulation de l’espace numérique. Les responsables ont notamment évoqué la législation kényane sur les cybercrimes, en particulier la loi Computer Misuse and Cybercrimes Act - qui encadre la lutte contre les infractions numériques et les abus en ligne - et les stratégies visant à faire face à la désinformation et à la propagation de contenus trompeurs sur les plateformes numériques.
« Cette consultation a également porté sur la stratégie nationale du Kenya en matière d’intelligence artificielle pour la période 2025-2030, la gouvernance des médias numériques, la liberté de la presse et les approches réglementaires équilibrées qui visent à autonomiser les citoyens tout en encourageant une utilisation responsable des plateformes numériques », a indiqué le ministère kényan chargé des TIC.
Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de coopération continentale impulsée par l’Union africaine des télécommunications (UAT) pour accélérer la transformation numérique de l’Afrique. Une tendance qui se vérifie à travers plusieurs partenariats bilatéraux récents comme le Gabon qui se tourne vers le Maroc, la Guinée vers le Rwanda ou encore le Soudan vers l’Éthiopie.
Pour les autorités zambiennes, ce type de coopération constitue une opportunité de s’inspirer des expériences réussies sur le continent afin de renforcer leurs propres politiques numériques. Le Kenya est en effet souvent cité comme l’un des écosystèmes technologiques les plus dynamiques d’Afrique, notamment grâce à ses avancées dans les services numériques et l’innovation.
En matière de cybersécurité, le pays figure parmi les références du continent, selon l’Union internationale des Télécommunications. Il occupe la 3ᵉ place en Afrique subsaharienne à l’indice de préparation à l’IA, avec un score de 52,55 sur 100, d’après le cabinet britannique Oxford Insights. L’écosystème des start-up kényanes se distingue également, faisant partie du « Big 4 » africain aux côtés du Nigeria, de l’Égypte et de l’Afrique du Sud. Selon Partech Africa, ces jeunes pousses ont levé 335 millions $ en 2023, 221 millions $ en 2024 et 539 millions $ en 2025.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 13 mars 2026)
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