Congo : après plusieurs reports, le data center national annoncé pour fin 2026
vendredi 25 septembre 2026
Le Congo s’apprête à disposer d’une infrastructure nationale dédiée à l’hébergement et au traitement de ses données publiques. Le chantier, lancé en 2024, arrive dans sa phase finale après plusieurs reports du calendrier initial.
Le data center national de la République du Congo devrait être inauguré avant la fin de 2026. L’annonce a été faite mercredi 23 septembre lors d’une visite du chantier par Jean-Jacques Bouya, vice-Premier ministre chargé de la Coordination des infrastructures de développement et de l’Aménagement du territoire, qui a reçu des assurances de l’entreprise chinoise chargée des travaux sur l’achèvement de l’ouvrage.
Le projet a toutefois connu plusieurs reports depuis le lancement du chantier en 2024. En septembre de cette année-là, les autorités prévoyaient une livraison avant fin décembre, alors que les travaux dépassaient 60 %. En mars 2025, leur niveau était supérieur à 80 % et une inauguration était annoncée pour novembre. Puis, en août 2025, le taux dépassait 90 %, avec une mise en service annoncée avant le 28 novembre. Le calendrier n’a finalement pas été tenu. Les travaux ont notamment été ralentis par l’attente d’une dernière tranche de financement, avant que la Banque africaine de développement ne confirme en février 2026 la disponibilité des fonds nécessaires à leur finalisation.
Une infrastructure pour les données de l’État
Installé sur l’ancien site de l’Union africaine des postes et télécommunications, à Bacongo, le centre servira à stocker, héberger et traiter les données numériques du Congo ainsi que les applications utilisées ou développées par l’administration. Le bâtiment comprend trois niveaux et un sous-sol, avec des salles de serveurs, de contrôle et de supervision ainsi que des installations dédiées à l’énergie et à la climatisation.
Le Congo dispose déjà de centres de données liés à certaines administrations, notamment au ministère des Finances, mais le projet de Bacongo a une vocation nationale. Il constituera une infrastructure de référence pour l’hébergement des données publiques et contribuera à renforcer leur sécurité et leur conservation sur le territoire. La Banque africaine de développement présente également le projet comme un outil de souveraineté numérique pour le Congo et la sous-région.
Un maillon de l’infrastructure numérique régionale
Le data center constitue une composante du projet Central Africa Backbone (CAB) au Congo. Celui-ci bénéficie d’un financement global de 66,55 millions d’euros (76 millions de dollars), dont 52,47 millions apportés par la BAD et 14,5 millions par l’État congolais. Quelque 13,8 millions d’euros de cette enveloppe sont consacrés à la construction et à l’exploitation du centre de données.
Le projet CAB a également permis de déployer plus de 600 km de fibre optique reliant le Congo au Cameroun et à la République centrafricaine. Le data center vient ainsi compléter cette infrastructure de connectivité en apportant une capacité nationale d’hébergement et de traitement des données.
Les derniers travaux concernent notamment l’alimentation électrique du centre. Les équipes étudient une combinaison entre le réseau national et une source solaire afin d’assurer une alimentation plus stable de l’infrastructure. Le champ solaire de Kintélé, équipé de plus de 19 000 panneaux pour une capacité annoncée de 12 MW, alimentera notamment plusieurs infrastructures de la capitale, tandis que cette technologie de résilience est également envisagée pour le data center. La mise en service reste donc liée à la finalisation de ces travaux techniques.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 25 septembre 2026)
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