Congo : 39,3 millions $ pour accélérer la transformation numérique en 2026
lundi 2 mars 2026
Le PATN a été officiellement lancé en janvier 2023. Le programme bénéficie d’un appui financier et technique de partenaires internationaux, dont la Banque mondiale, qui le finance à hauteur de 100 millions $. L’Union européenne est également impliquée dans sa mise en œuvre.
En République du Congo, un budget de 21,872 milliards de francs CFA (39,3 millions $) a été validé la semaine dernière pour l’exercice 2026 du Projet d’accélération de la transformation numérique (PATN), selon la presse locale. Cette enveloppe doit permettre de poursuivre les actions engagées pour connecter le pays au réseau Internet à haut débit.
« Les membres du comité de pilotage ont décidé d’œuvrer pour la continuité, étant donné que nous avons déjà commencé à travailler sur la connectivité des zones rurales ; la construction d’un centre multimédia ; l’accompagnement du gouvernement dans la mise en œuvre de certaines applications au ministère de l’Intérieur », a souligné le coordonnateur du PATN, Michel Ngakala, rapporté par Adiac-Congo.
À l’horizon 2027, le PATN poursuit plusieurs objectifs structurants : réduire la fracture numérique en desservant les zones blanches, digitaliser l’état civil, mettre en place un portail unique des services publics, former 1 200 jeunes aux compétences numériques et connecter les universités publiques, notamment l’Université Marien-Ngouabi et l’Université Denis-Sassou Nguesso. Le renforcement de la cybersécurité figure également parmi les priorités affichées.
Ces ambitions interviennent dans un contexte où le pays accuse un retard relatif en matière de gouvernance numérique alors que les autorités misent sur le numérique pour accélérer le développement socio-économique. Classé 166e au dernier Indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI), avec un score de 0,3391 sur 1, le Congo se situe légèrement au-dessus de la moyenne d’Afrique centrale (0,3354), mais reste en deçà des moyennes africaine (0,4247) et mondiale (0,6382).
Sur le segment télécoms, la couverture réseau apparaît relativement étendue, mais l’adoption demeure limitée. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), la couverture 2G atteignait 89,3 % de la population en 2023, tandis que la 3G et la 4G couvraient respectivement 87 % et 77,5 % en 2024. Pourtant, le taux de pénétration d’Internet n’était estimé qu’à 47,3 % de la population. Des zones blanches, dépourvues de la moindre couverture réseau, ont également été identifiées par les autorités.
La cybersécurité constitue un autre défi majeur. En 2024, le Congo a été classé dans l’avant-dernier palier (Tier 4) de l’indice mondial de cybersécurité de l’UIT. Si le pays obtient des résultats relativement satisfaisants en matière de cadre législatif et de coopération internationale, avec respectivement 14,12/20 et 8,87/20, il reste en retrait sur les volets techniques, organisationnels et de développement des capacités.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 2 mars 2026)
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