Congo : 10 millions $ nécessaires pour porter la couverture 4G à 97 % d’ici 2030
jeudi 9 juillet 2026
Les pays africains cherchent à accélérer la généralisation des services télécoms dans un contexte de transformation numérique rapide. Cette ambition suppose toutefois des investissements conséquents dans les infrastructures numériques.
Au Congo, 10 millions de dollars d’investissements supplémentaires seront nécessaires, en plus des prévisions actuelles, pour porter la couverture 4G à 97 % de la population d’ici 2030, selon la GSMA. Cet effort contribuera à réduire la fracture numérique dans un pays où près de 80 % de la population n’utilisait pas encore Internet en 2025, d’après les données de l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile.
Cette projection figure dans le rapport intitulé « La transformation numérique de l’économie en République du Congo », publié en juin 2026 par la GSMA. L’organisation précise toutefois que le besoin d’investissements additionnels pourrait atteindre 30 millions de dollars si les réformes recommandées dans le document ne sont pas mises en œuvre.
La GSMA explique que, dans les conditions actuelles du marché, la couverture 4G devrait atteindre environ 93 % de la population d’ici 2030, un niveau proche de celui de la couverture 2G. Selon l’organisation, des réformes visant notamment à réduire les coûts du backhaul, à améliorer l’accès à l’électricité, à abaisser les redevances sur le spectre et à diminuer les coûts de l’énergie pourraient permettre de porter cette couverture à environ 95 %.
L’association ajoute que la levée des obstacles liés à la demande sera également nécessaire pour favoriser l’utilisation des services numériques. Les 10 millions de dollars supplémentaires évoqués dans le rapport devraient ainsi contribuer à combler l’écart restant pour atteindre l’objectif de 97 %, même si le document ne détaille pas précisément la répartition de ces investissements.
La GSMA précise par ailleurs que les 3 % restants correspondent à des zones « très isolées et faiblement peuplées ». Leur couverture nécessitera probablement des solutions technologiques alternatives pour fournir des services haut débit, notamment des technologies satellitaires qui connaissent un intérêt croissant sur le continent africain.
Toutefois, l’extension de la couverture réseau ne garantit pas à elle seule une adoption massive des services numériques. La GSMA souligne que, malgré une couverture 4G déjà estimée à 86 % de la population, seulement 19 % des Congolais utilisent effectivement Internet. Ainsi, une part importante de la population reste couverte par un réseau haut débit sans pour autant accéder aux services numériques.
Cette situation met en évidence la nécessité d’agir sur les facteurs qui limitent l’adoption, au-delà du déploiement des infrastructures. Parmi les principaux obstacles figurent généralement le coût élevé des terminaux compatibles (smartphones, ordinateurs, tablettes), le prix des offres data, le niveau de littératie numérique, la disponibilité de contenus locaux pertinents ainsi que la qualité de l’expérience client.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 9 juillet 2026)
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