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Comptes bancaires saisis en cascade : comment la Sonatel a échappé à une paralysie financière

lundi 27 juillet 2026

Faits divers/Contentieux

Condamnée à verser 1,1 milliard de FCfa dans un litige portant sur un brevet d’invention, la Sonatel a vu plusieurs de ses comptes bancaires bloqués à travers le Sénégal. Menacé d’une véritable asphyxie financière, l’opérateur historique a engagé une contre-offensive judiciaire en urgence. Trois décisions rendues contre la Société générale Sénégal, Bank of Africa et la Banque régionale des marchés ont finalement permis de débloquer ses comptes de fonctionnement.

Une bataille bancaire d’une ampleur exceptionnelle

La Sonatel a traversé ces derniers jours une véritable tempête judiciaire et financière. Selon Les Échos, plusieurs de ses comptes bancaires ont été successivement bloqués dans différentes banques de la place dakaroise.

L’opérateur de télécommunications a dû engager une course contre la montre pour récupérer l’accès à ses ressources et éviter une paralysie de ses activités quotidiennes.

L’entreprise a finalement obtenu gain de cause devant le juge des référés face à trois établissements bancaires : la Société générale Sénégal, la Bank of Africa et la Banque régionale des marchés.

Ces décisions ont permis à la Sonatel de préserver ses comptes de fonctionnement, alors qu’une procédure de saisie générale menaçait sa capacité à faire tourner normalement ses services.

À l’origine, un conflit autour d’un brevet d’invention

Cette affaire trouve son origine dans un contentieux relatif à la propriété intellectuelle.

D’après Les Échos, la société sénégalaise Interface SAS, dirigée par l’ingénieur Magatte Sylla, avait accusé le géant des télécommunications d’avoir utilisé l’une de ses inventions sans autorisation.

Le procédé concerné aurait été présenté à la Sonatel sous le sceau de la confidentialité. Il aurait ensuite été utilisé dans le lancement du produit « My Business Wifi ».

Interface SAS estimait que ce produit reposait sur une invention protégée par un brevet dont elle revendiquait la paternité.

Une condamnation à 1,1 milliard de FCfa

Après une longue procédure devant le Tribunal de commerce, la décision est tombée.

La Sonatel a été condamnée à payer 1,1 milliard de FCfa. Cette somme devait être répartie entre la société Interface SAS et son dirigeant.

Selon le journal, la décision était particulièrement lourde pour l’opérateur et ne pouvait plus faire l’objet d’un appel.

Face au retard dans le paiement, les avocats d’Interface SAS ont choisi de passer à l’exécution forcée de la décision judiciaire.

Une procédure de saisie visant les comptes à travers le pays

Les conseils de la partie gagnante ont engagé une procédure de saisie générale portant pratiquement sur l’ensemble des comptes détenus par la Sonatel dans les banques du pays.

Cette offensive faisait peser un risque immédiat sur l’entreprise. Privée de l’accès à ses propres fonds, la Sonatel pouvait se retrouver dans l’incapacité d’assurer le paiement de certaines dépenses courantes ou de maintenir normalement son fonctionnement.

La menace n’était donc plus seulement judiciaire. Elle devenait opérationnelle et financière.

Selon Les Échos, le risque était de voir l’activité quotidienne de la société totalement paralysée.

Le juge des référés saisi en urgence

Face à cette situation, l’avocat de la Sonatel, Me Mohamed Mahmoune Fall, a immédiatement saisi le juge des référés.

La demande portait sur la levée urgente des saisies afin de permettre à l’opérateur de continuer à fonctionner.

Pour sortir de l’impasse, le magistrat a proposé un compromis reposant sur le mécanisme du cantonnement.

Selon cette solution, l’intégralité du milliard de FCfa réclamé devait rester bloquée sur un seul compte ouvert à la Société générale Sénégal. En contrepartie, les autres comptes de la Sonatel détenus auprès des différentes banques devaient être libérés.

Cette mesure permettait à la fois de garantir la disponibilité de la somme réclamée et d’éviter l’immobilisation de tous les fonds de l’entreprise.

La Société générale sommée de libérer les comptes

Dans le dossier concernant la Société générale Sénégal, le juge a ordonné le déblocage des comptes de fonctionnement de la Sonatel.

Aucune amende de retard n’a été prononcée contre la banque. La Sonatel a toutefois été condamnée à supporter les frais de justice liés à cette procédure.

Le milliard de FCfa faisant l’objet du litige devait rester cantonné sur le compte prévu à cet effet.

Une menace de 200 000 FCfa par jour contre Bank of Africa

La décision a été plus contraignante à l’égard de Bank of Africa.

Pour garantir l’exécution immédiate de l’ordonnance, le juge a imposé le déblocage des comptes sous peine d’une astreinte de 200 000 FCfa par jour de retard.

Les frais de procédure ont néanmoins été laissés à la charge de la Sonatel.

Cette astreinte visait à empêcher tout retard supplémentaire susceptible d’aggraver les difficultés de trésorerie de l’opérateur.

La Banque régionale des marchés également visée

La Banque régionale des marchés a fait l’objet d’une décision comparable.

Elle devait procéder au déblocage des fonds sous la menace d’une pénalité de 200 000 FCfa pour chaque jour de retard.

Le juge a cependant condamné la banque elle-même à supporter les frais de justice, contrairement aux décisions prises dans les dossiers concernant les deux autres établissements.

Une victoire d’urgence, mais un contentieux toujours ouvert

Grâce à cette contre-offensive rapide, la Sonatel a pu préserver ses ressources de fonctionnement et éviter une paralysie de ses services.

L’entreprise peut donc poursuivre normalement ses activités, au moins sur le plan opérationnel.

Toutefois, cette victoire devant le juge des référés ne met pas fin au litige principal.

(Source : Dakar Actu, 28 juillet 2026)

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