Compétences numériques : Madagascar adapte les formations aux besoins du marché
mardi 13 octobre 2026
L’accélération de la transformation numérique ouvre de nouvelles perspectives d’emploi pour les jeunes en Afrique. Selon la Banque mondiale, 230 millions d’emplois sur le continent nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030.
Le 8 octobre, Madagascar a signé une convention de partenariat avec l’opérateur télécoms Orange Madagascar pour renforcer les compétences numériques des jeunes. Cette initiative fait suite à un partenariat conclu à la mi-septembre avec le groupement d’intérêt public (GIP) français Pix, avec pour objectif commun d’adapter les formations professionnelles aux besoins du marché du travail et de mieux reconnaître les compétences acquises.
Le partenariat entre le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle et Orange porte sur l’élaboration de référentiels, l’amélioration des filières de formation dans le domaine du numérique et le rapprochement entre les établissements de formation et le monde professionnel. Le partenariat prévoit également de favoriser l’insertion professionnelle et l’entrepreneuriat des jeunes, de développer les formations certifiantes et diplômantes, ainsi que de soutenir l’autonomisation des jeunes et des femmes.
De son côté, le partenariat avec le GIP Pix, un organisme français spécialisé dans les compétences numériques, porte sur leur évaluation et leur certification. Il doit permettre aux apprenants de mesurer leur niveau, de valoriser les compétences acquises en formation et de mieux les faire reconnaître dans leur parcours professionnel.
Cette dynamique s’inscrit dans un ensemble d’initiatives engagées ces dernières années pour développer les compétences numériques et améliorer l’employabilité des jeunes à Madagascar. En septembre 2025, les autorités ont annoncé un objectif de 40 000 personnes formées aux compétences numériques d’ici 2028. Le mois suivant, elles ont lancé la première cohorte de l’initiative Skills4Job. En janvier 2026, le programme ASAN’AI a, de son côté, ouvert les candidatures pour une formation gratuite de 15 mois destinée à 1 300 jeunes dans les métiers du numérique.
Le pays avait déjà signé, en février 2024, un accord de partenariat avec les Émirats arabes unis prévoyant la formation d’un million de jeunes aux nouvelles technologies. Antananarivo travaille aussi avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) dans le cadre du projet DECLIC, qui vise à renforcer les compétences numériques des apprenants de la formation professionnelle. L’initiative couvre cinq établissements répartis dans quatre régions du pays.
La question de l’insertion des jeunes et autres défis
Malgré ces efforts, Madagascar est confronté à des difficultés d’insertion professionnelle des jeunes. Selon des données avancées par la Banque mondiale en mars 2026, près de 420 000 personnes arrivent chaque année sur le marché du travail. Pourtant, 98,9 % des jeunes en emploi travaillent dans le secteur informel, tandis qu’environ 1,5 million de jeunes âgés de 15 à 24 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Le taux d’emploi des jeunes de cette tranche d’âge s’établit à 58,1 %, contre 70,5 % chez les 20-24 ans.
Le problème tient également au décalage entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises. Près de 70 % des jeunes n’ont pas dépassé le niveau primaire, tandis que 19,3 % de la population est analphabète, selon la Banque mondiale. Les employeurs signalent des difficultés à recruter une main-d’œuvre suffisamment formée, surtout dans les secteurs de l’énergie, des technologies de l’information et de la communication (TIC) et de l’agriculture.
Le rapport met également en évidence des faiblesses dans l’organisation du système de formation professionnelle, notamment en matière de certification et de suivi des diplômés. La coordination entre les différents acteurs reste insuffisante, tout comme l’implication des entreprises dans la définition des compétences attendues et l’évaluation des formations. Le suivi des parcours après la formation ne permet pas non plus de mesurer avec suffisamment de précision l’accès des diplômés à l’emploi et l’adéquation entre les compétences acquises et les postes occupés.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 13 octobre 2026)
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