Communications par satellite : le Liberia renforce son cadre réglementaire
jeudi 20 août 2026
Les communications satellitaires sont en pleine croissance en Afrique. Si leur capacité à réduire la fracture numérique est reconnue, leur essor soulève également des questions de régulation.
L’Autorité des télécommunications du Liberia (LTA) a adopté, mercredi 19 août, de nouvelles directives relatives aux communications par satellite. Cette initiative vise à mieux encadrer ce marché en forte expansion, alors que les technologies satellitaires s’imposent comme un levier important pour réduire la fracture numérique dans les zones mal desservies.
« Ces nouvelles directives établissent un cadre clair et prévisible pour les services de communication par satellite, en mettant l’accent sur l’accès national, la protection des consommateurs, la qualité du service, la protection des données et une gestion efficace du spectre », a rappelé le régulateur dans un communiqué publié sur Facebook.
Le défi de l’équité réglementaire face au satellite
Cette initiative intervient dans un contexte où l’expansion rapide sur le continent d’acteurs majeurs soulève des préoccupations sur plusieurs marchés concernant la conformité réglementaire et la protection des consommateurs locaux. Par exemple, Starlink, le principal fournisseur de technologies satellitaires dans le segment grand public, s’est vu refuser en mars dernier sa demande de licence en Namibie après n’avoir satisfait que trois des six critères réglementaires requis. Le régulateur a notamment relevé des préoccupations liées à la sécurité nationale, la souveraineté des données et la capacité des autorités à superviser l’activité de l’entreprise.
Il était également reproché à Starlink d’avoir opéré en Namibie sans licence et de ne pas avoir répondu aux demandes d’explications du régulateur. Enfin, l’entreprise ne respectait pas les exigences en matière de propriété locale, qui imposent qu’au moins 51 % du capital des sociétés télécoms soient détenus par des citoyens namibiens ou des entités locales.
La question de l’actionnariat local constitue, à ce jour, l’un des principaux obstacles à l’entrée de Starlink sur le marché sud-africain. Le cadre réglementaire impose aux entreprises étrangères souhaitant obtenir certaines licences dans le secteur des TIC de respecter des exigences en matière de participation économique des personnes historiquement défavorisées. Face aux réticences de Starlink, le gouvernement a proposé d’assouplir ce cadre en intégrant des programmes d’équivalence d’investissements (EEIPs). Si l’entreprise s’est dite favorable à cette option, le mécanisme reste contesté par une partie de la classe politique et par certains acteurs du secteur.
Ces différents cas montrent que l’arrivée des fournisseurs de services satellitaires conduit les régulateurs africains à adapter leurs cadres. Elle pose également la question de l’équité des obligations réglementaires entre ces nouveaux acteurs et les opérateurs télécoms traditionnels. Ces derniers sont généralement soumis à des cahiers des charges fixant des obligations en matière de couverture, de qualité de service, de protection des consommateurs et de sécurité des réseaux. Ils peuvent également faire l’objet de sanctions en cas de manquement.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 20 août 2026)
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