Chers députés, l’identité numérique doit être obligatoire pour travailler au Sénégal
mardi 26 mai 2026
A. LA SÉCURITÉ NE SE NÉGOCIE PAS
Le Sénégal ne peut plus se permettre l’opacité. avec des frontières poreuses, une économie informelle qui absorbe plus de quatre-vingts pour cent de la population active et une immigration sous-estimée, l’état navigue à l’aveugle. l’identité numérique n’est pas une option de luxe, c’est un préalable à toute souveraineté économique. Wave l’a prouvé : même la vendeuse de rue du marché Sandaga a franchi le pas du KYC numérique parce que cela lui servait. sans identification fiable, il n’y a pas de contrôle possible des flux, pas de protection des emplois sénégalais, pas de lutte efficace contre la fraude fiscale. la sécurité commence par le savoir, et le savoir commence par l’identification.
B. LA TRANSPARENCE TUE LA CORRUPTION
Chaque transaction opaque est une porte ouverte au détournement. au Sénégal, les contrats de travail fantômes, les doubles identités et les salaires non déclarés minent les caisses de l’état et les droits des travailleurs. l’identité numérique crée une traçabilité irréfutable : qui travaille, où, pour qui, à quel salaire. cette transparence ne vise pas l’humiliation du pauvre, elle vise l’élimination du tricheur. mais elle exige une contrepartie : l’état doit lui-même accepter d’être transparent sur l’usage des données. une charte publique, des audits indépendants, des sanctions pénales pour les abus d’accès. la transparence est un contrat à double sens.
C. L’ACCOMPAGNEMENT OU RIEN
Imposer sans accompagner, c’est exclure. le Sénégal n’est pas l’Estonie : sa population est majoritairement jeune, rurale et peu équipée en outils numériques. une carte à code qr distribuée gratuitement, des agents formés dans les marchés, des démarches simplifiées qui prennent dix minutes et non dix jours, voilà ce que demande le terrain. pour les étrangers, une voie de régularisation liée à l’identification est plus efficace que la répression : celui qui se montre peut être contrôlé, celui qui se cache ne l’est pas. l’accompagnement n’est pas une faiblesse, c’est la condition de l’adhésion.
D. LA BANCARISATION COMME LIBÉRATION
Le vrai enjeu n’est pas la surveillance, c’est l’accès. aujourd’hui, un vendeur ambulant gagne, dépense et épargne dans l’informel, sans protection, sans crédit, sans retraite. l’identité numérique ouvre la porte à la bancarisation de masse : compte formel, historique de transactions, accès au microcrédit, cotisations sociales. wave a montré le chemin, l’état doit le sécuriser et l’universaliser. la bancarisation transforme le travailleur précaire en entrepreneur reconnu, l’ombre en lumière. mais cette transformation ne peut être subordonnée à l’identité : elle doit en être la conséquence naturelle, pas la condition d’exclusion.
Dr Seydou Bocoum
Economiste hétérodoxe
(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 26 mai 2026)
OSIRIS