Centre national de données : le Liberia face au défi de l’approvisionnement électrique
mercredi 30 septembre 2026
Le datacenter national est présenté comme un élément essentiel de la transformation numérique du Liberia. Il doit entre autres permettre de sécuriser le stockage des données nationales et de soutenir le développement des services numériques publics et privés.
Le gouvernement libérien cherche des investisseurs pour développer un centre national de données. Lors d’un récent dialogue organisé à New York, le projet a été présenté aux investisseurs et aux acteurs du secteur privé. Les échanges ont fait ressortir une question essentielle : la capacité du Liberia à assurer l’approvisionnement électrique nécessaire au fonctionnement d’une telle infrastructure.
Selon le ministère des Postes et Télécommunications, l’un des participants a insisté sur l’importance d’un approvisionnement électrique fiable pour le développement d’un centre de données. Il s’est interrogé sur la manière dont le Liberia compte répartir ses ressources énergétiques limitées entre plusieurs priorités, dont l’exploitation minière, l’électrification et les infrastructures numériques.
Cette préoccupation intervient alors que la fiabilité de l’approvisionnement énergétique constitue l’un des principaux défis liés au développement des centres de données en Afrique, qui concentre à peine 1 % de la capacité mondiale. Un rapport de l’Africa Data Centres Association publié en 2026 cite la faible disponibilité des infrastructures électriques parmi les contraintes qui freinent l’expansion du secteur sur le continent. Les problèmes de stabilité des réseaux peuvent accroître les coûts d’exploitation des centres de données, tandis que les infrastructures de transport d’électricité ne sont pas toujours adaptées à leurs besoins élevés en puissance.
Le Kenya fournit un exemple récent de cette contrainte. Le projet de centre de données porté par Microsoft et G42 à Olkaria, annoncé en 2024 avec un investissement de 1 milliard de dollars, devait démarrer avec une capacité de 100 MW avant de pouvoir atteindre 1 GW. L’infrastructure devait s’appuyer sur l’énergie géothermique disponible dans cette région. Mais l’ampleur des besoins électriques envisagés a soulevé des difficultés. Le président William Ruto a reconnu, en mai 2026, que le réseau kényan ne disposait pas des capacités nécessaires pour alimenter le projet à son plein potentiel, alors que la capacité électrique installée du pays est d’environ 3 GW.
Le Liberia, quant à lui, reste confronté à d’importantes contraintes dans le secteur de l’électricité. En 2024, seulement 32,5 % de la population avait accès à l’électricité, selon les données de la Banque mondiale. La capacité de production installée atteignait 126 MW, dont environ 70 % provenaient de l’hydroélectricité. Cette capacité reste toutefois vulnérable aux variations saisonnières, la production de la centrale hydroélectrique de Mount Coffee, principale source locale, étant fortement affectée par la baisse du niveau des eaux pendant la saison sèche. La compagnie nationale d’électricité a indiqué par ailleurs début 2025 que la croissance de la demande dépassait l’offre disponible.
Il convient de rappeler que, même si un investisseur s’est montré intéressé par le projet, celui-ci reste à un stade préliminaire. Le modèle d’investissement et le site du futur centre ne sont pas encore arrêtés. Le ministre des Postes et Télécommunications, Sekou M. Kromah (photo), a indiqué que des études techniques et de faisabilité devront permettre de déterminer l’approche la plus adaptée et les conditions nécessaires à son développement.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 30 septembre 2026)
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