Centrafrique : l’accès à Internet limite encore la portée des services publics numériques
jeudi 15 octobre 2026
La connectivité est un pilier de la transformation numérique. Pourtant, environ 88 % de la population centrafricaine n’utilisait pas Internet, fin 2025.
La République centrafricaine (RCA) a annoncé le mercredi 14 octobre le lancement d’un portail national destiné à faciliter l’accès des citoyens aux informations et aux services publics. L’initiative intervient dans un contexte où l’utilisation d’Internet reste limitée, ce qui pose la question de la capacité des populations à tirer parti de la dématérialisation de l’administration.
Les services actuellement disponibles sur la plateforme couvrent plusieurs domaines. Dans le secteur des transports, par exemple, les usagers peuvent notamment demander un abonnement au transport urbain ou un permis de conduire. Le volet judiciaire comprend les demandes de casier judiciaire national et de certificat de nationalité.
Dans le domaine de l’éducation, la plateforme propose des démarches liées au certificat de scolarité et à l’attestation du baccalauréat. En matière de santé, elle permet de demander une consultation médicale et de prendre rendez-vous. Des services destinés aux acteurs du secteur financier, aux ONG et aux entreprises sont également répertoriés.
La fracture numérique, un obstacle à l’accès aux services publics
L’objectif affiché par les autorités centrafricaines est de rapprocher l’administration des citoyens en leur permettant d’accéder plus facilement aux services publics, sans devoir se déplacer dans les administrations ni faire de longues files d’attente. Toutefois, ce rapprochement n’est pas systématique : même dématérialisées, les démarches administratives peuvent rester hors de portée d’une partie de la population.
L’accès à ces services suppose notamment de disposer d’une connexion Internet. Selon DataReportal, environ 670 000 personnes utilisaient Internet en Centrafrique à la fin de 2025, soit près de 12 % de la population. Le pays comptait parallèlement environ 2,49 millions de connexions mobiles à la même période.
La disponibilité des réseaux constitue un autre facteur. Selon les données du « Mobile Connectivity Index » de la GSMA pour 2024, les réseaux 2G et 3G couvraient environ 60 % de la population. La 4G, dont le lancement commercial a débuté en 2025, reste en phase de déploiement.
Au-delà de la couverture, les usagers doivent disposer d’un équipement compatible avec Internet, qu’il s’agisse d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone, et pouvoir payer les forfaits nécessaires. La maîtrise de la lecture et les compétences numériques de base comptent également parmi les conditions qui peuvent faciliter ou compliquer l’utilisation des services en ligne.
Ne pas disposer d’un accès personnel à Internet ne signifie pas nécessairement être privé des services numériques. Selon la GSMA, environ 710 millions de personnes, soit 9 % de la population mondiale, ont accédé à l’Internet mobile en 2024 au moyen d’un appareil partagé ou emprunté. En Afrique subsaharienne, cette proportion atteignait 6 %. Le partage d’un téléphone connecté peut ainsi permettre à plusieurs membres d’un même ménage d’accéder aux services en ligne. Une personne maîtrisant les outils numériques peut également accompagner les autres dans leurs démarches.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 15 octobre 2026)
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