Cameroun : MTN et Orange sommés de bloquer les smartphones non déclarés en douane
lundi 8 juin 2026
En avril, les autorités camerounaises ont détecté près de 700 000 téléphones connectés aux réseaux mobiles sans avoir été dédouanés. Face à l’ampleur du phénomène, le gouvernement veut désormais contraindre les opérateurs télécoms à bloquer ces appareils.
Le gouvernement camerounais durcit sa lutte contre la contrebande de terminaux numériques. Dans une correspondance adressée le jeudi 4 juin aux directions générales de MTN Cameroun et d’Orange Cameroun, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a demandé l’application effective du dispositif de blocage des téléphones importés sans paiement préalable des droits de douane. Cette décision intervient alors que les autorités estiment que les engagements pris lors d’une concertation organisée le 22 mai dernier avec les opérateurs et la Direction générale des douanes n’ont pas été suivis d’effet.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans la réforme du mécanisme de perception des droits et taxes sur les téléphones, tablettes et autres terminaux numériques entrée en vigueur le 1er avril 2026. Le système repose sur l’identification des appareils à travers leur numéro IMEI, croisé avec les données de l’administration douanière afin de repérer les équipements introduits sur le territoire en dehors des circuits officiels.
Les premiers résultats illustrent l’ampleur du défi. Selon le ministère des Finances, près de 700 000 téléphones se sont connectés pour la première fois aux réseaux locaux entre le 1er et le 25 avril sans avoir été dédouanés. Les autorités y voient la preuve de l’importance persistante des circuits parallèles d’importation qui privent l’État de recettes douanières significatives.
Le dispositif prévoit que les opérateurs mobiles identifient automatiquement les terminaux non enregistrés dans la base douanière nationale et leur retirent l’accès aux services mobiles. Dans son courrier, le ministre rappelle également que toute connexion d’un appareil non dédouané au réseau local pourrait engager la responsabilité fiscale de l’opérateur concerné.
Au-delà de l’enjeu budgétaire, Yaoundé cherche aussi à mieux encadrer un marché en forte croissance. La généralisation des smartphones et des services numériques a stimulé les importations de terminaux ces dernières années, tandis qu’une part importante des appareils continue de transiter par des canaux informels. Pour les autorités, la traçabilité des équipements constitue également un levier de sécurisation des réseaux et de lutte contre l’utilisation de terminaux non homologués.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 8 juin 2026)
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