Cameroun : les opérateurs télécoms invités à poursuivre l’extension du réseau
vendredi 11 septembre 2026
La couverture réseau constitue une première condition à l’adoption des services télécoms. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), environ 75 % de la population camerounaise était couverte par les réseaux 3G et 4G en 2025.
Au Cameroun, les opérateurs télécoms ont été appelés par le régulateur à poursuivre les efforts en faveur de l’extension de la couverture réseau vers les zones encore mal desservies. L’initiative vise à réduire la fracture numérique et à garantir à chaque citoyen, où qu’il se trouve sur le territoire, un accès équitable aux services de communications électroniques.
Le sujet était l’une des problématiques à l’ordre du jour lors d’une séance de travail le jeudi 10 septembre avec l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), en présence des directeurs généraux de MTN Cameroon, Wanda Matandela, et d’Orange Cameroun, Patrick Benon. La réunion a été présidée par le directeur général du régulateur, Philémon Zoo Zame.
Une couverture encore inégale
La couverture du réseau télécoms fait partie des projets prioritaires des autorités camerounaises dans le domaine des communications électroniques. Selon les données de l’UIT, environ 12,2 % de la population camerounaise, estimée à 29,9 millions d’habitants, n’était pas couverte par la 2G en 2025. Pour la 4G et la 5G, cette proportion atteint 25 %. La 5G n’a pas encore été déployée commercialement dans le pays.
L’extension de la couverture suppose pour les opérateurs d’installer de nouveaux sites télécoms dans les zones à couvrir. Cela passe par l’identification des emplacements appropriés, l’installation de pylônes ou de mâts, puis la mise en place des équipements radio. Les opérateurs doivent ensuite raccorder ces nouveaux sites à leur réseau, généralement par fibre optique ou faisceau hertzien et, dans certaines zones, par liaison satellitaire. Ces infrastructures nécessitent une alimentation électrique, des équipements de transmission ainsi que des systèmes de supervision et de maintenance.
Cette extension est toutefois plus difficile à justifier économiquement dans certaines parties du territoire. Les zones rurales, où les populations sont plus dispersées, nécessitent davantage de sites et des infrastructures de raccordement plus importantes pour couvrir un nombre limité d’abonnés. La GSMA souligne que les derniers pourcentages de la population à couvrir nécessitent généralement des investissements plus importants, car ils concernent souvent les zones les plus difficiles et coûteuses à desservir.
La qualité de service, un autre enjeu majeur
Au‑delà de l’extension du réseau, les opérateurs devront veiller à la qualité des services dans les nouvelles zones couvertes. La question est d’autant plus importante puisqu’elle constitue déjà l’une des principales préoccupations du secteur au Cameroun, aussi bien au niveau des consommateurs que des autorités.
Les consommateurs camerounais se plaignent généralement des interruptions fréquentes des services, des difficultés à émettre des appels, de l’instabilité de la connexion Internet et de la baisse des débits.
La qualité de service et l’expérience client figurent parmi les facteurs qui influencent l’adoption et l’utilisation régulière des services télécoms lorsque le réseau est disponible. Le prix des smartphones et autres appareils compatibles, le coût des communications ou des forfaits Internet, ainsi que l’adéquation des offres aux besoins et aux revenus des populations peuvent aussi peser dans ces décisions. S’y ajoutent les compétences numériques, la pertinence des contenus et services proposés, ainsi que le niveau de confiance et de sécurité associé à leur utilisation.
Pour rappel, DataReportal indique qu’à la fin de 2025, 12,6 millions de personnes utilisaient Internet au Cameroun, soit un taux de pénétration de 41,9 %. Pour la téléphonie mobile, la même source recense 29 millions d’abonnements mobiles, correspondant à un taux de pénétration de 96,4 %. Ce chiffre ne permet toutefois pas de déterminer le nombre de personnes utilisant effectivement les services mobiles, une même personne pouvant détenir plusieurs cartes SIM enregistrées à son nom.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 11 septembre 2026)
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