Burundi : une stratégie nationale pour renforcer les capacités de cybersécurité
vendredi 16 octobre 2026
Les autorités burundaises multiplient les efforts pour développer les TIC et accélérer la transformation numérique. Elles doivent également assurer la sécurité du cyberespace national.
Le développement des services publics numériques pose aussi la question de la protection des données et des réseaux de l’administration. Au Burundi, le Conseil des ministres du mercredi 14 octobre a adopté une Stratégie nationale de cybersécurité destinée à structurer la prévention des risques informatiques, la protection des infrastructures critiques et la réponse aux incidents.
Selon les travaux préparatoires publiés par le Secrétariat exécutif des technologies de l’information et de la communication (SETIC), la stratégie vise notamment à établir un cadre juridique et institutionnel pour la cybersécurité, renforcer la protection des systèmes et des données des organismes publics et privés, et sensibiliser les administrations, les entreprises et les citoyens aux menaces informatiques. Elle prévoit également de renforcer les capacités nationales de réponse aux incidents, notamment à travers la mise en service d’une équipe nationale chargée de coordonner la gestion des cyberattaques.
Un chantier engagé depuis plusieurs années
L’élaboration de la stratégie remonte à novembre 2020, avec la création par le gouvernement d’une commission chargée de préparer une stratégie nationale sur la cybersécurité et la cybercriminalité, ainsi qu’un plan d’action. En 2023, le Projet d’appui aux fondations de l’économie numérique (PAFEN), financé par la Banque mondiale, a lancé le recrutement d’un cabinet chargé d’évaluer les risques et les capacités du pays et de préparer ces documents.
Dans un rapport publié en décembre 2025, la Banque mondiale indiquait que la stratégie avait été élaborée, mais attendait encore son adoption formelle par le gouvernement. La décision du Conseil des ministres marque donc une nouvelle étape dans ce processus.
Des capacités de cybersécurité à renforcer
Les indicateurs internationaux donnent un aperçu des capacités que le pays doit consolider. Dans son Global Cybersecurity Index 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) attribuait au Burundi un score global de 16,77 sur 100, dans la catégorie la plus basse de son échelle de maturité. Le pays obtenait notamment zéro point sur 20 pour les mesures techniques et les mesures organisationnelles. Ces résultats évaluent les capacités et les engagements nationaux en matière de cybersécurité, et non le nombre de cyberattaques subies.
Les données de Kaspersky illustrent également l’exposition de certains systèmes industriels aux menaces informatiques. Au quatrième trimestre 2025, des objets malveillants ont été bloqués sur 35,5 % des ordinateurs associés aux systèmes de contrôle industriel surveillés au Burundi, soit une hausse de sept points par rapport au trimestre précédent. Les menaces provenant de supports amovibles, comme les clés USB, ont été détectées sur 7,24 % de ces ordinateurs. Ces chiffres portent uniquement sur les équipements observés par l’entreprise et ne représentent pas l’ensemble des systèmes informatiques du pays.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 16 octobre 2026)
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