Burundi : un partenariat public-privé de 10 millions $ pour connecter 86 collines au haut débit
mardi 3 mars 2026
Au Burundi, plus de 75 % de la population vit en région rurale, souvent éloignée des infrastructures numériques. Étendre la connectivité Internet à ces zones est crucial pour réduire la fracture numérique, faciliter l’éducation, l’accès aux services publics et stimuler le développement local.
L’opérateur télécoms Lumitel et le Projet d’Appui aux Fondations de l’Économie Numérique (PAFEN) ont officialisé, le lundi 2 mars, un partenariat stratégique de 10 millions de dollars visant à désenclaver numériquement les zones rurales du Burundi. Ce contrat, signé à Bujumbura, marque une étape décisive dans l’extension du haut débit à travers le pays.
« L’activité économique doit aller de pair avec la responsabilité sociale. Nous investissons dans les infrastructures non seulement pour élargir notre marché, mais pour élargir les opportunités offertes aux citoyens », a déclaré le directeur général de Lumitel, Phan Truong Son.
Le financement repose sur une synergie public-privé. La Banque mondiale injecte 4,37 millions de dollars via le PAFEN, tandis que Lumitel mobilise 5,62 millions de dollars de fonds propres. Cet investissement servira au déploiement d’infrastructures mobiles 2G et 4G sur 86 collines réparties dans 14 provinces. L’objectif est double : couvrir environ 400 000 nouveaux usagers et raccorder près de 300 établissements scolaires au réseau mondial.
Au-delà de la simple couverture réseau, cette initiative entend transformer le quotidien des populations locales. Le projet mise sur un accès accru à l’éducation numérique, la numérisation et la dématérialisation des services publics, ainsi que l’essor de la télémédecine dans des zones historiquement délaissées. Sur le terrain, Lumitel pilotera la conception technique et l’exploitation des stations de base, sous la supervision et la coordination du PAFEN.
Ce déploiement s’inscrit dans la stratégie nationale de développement 2040‑2060, qui fait du numérique un moteur clé de la modernisation économique du Burundi. Il répond également à un besoin urgent : avec un taux de pénétration d’Internet d’environ 11,1 % fin 2025 (selon DataReportal), le pays accuse un retard structurel. Plus de 75 % des Burundais vivent en milieu rural, où l’accès à la 4G demeure largement limité ; ce projet vise à rendre ces services plus accessibles à tous.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 3 mars 2026)
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