Burundi : identification des cartes SIM obligatoire avant le 25 juin
vendredi 5 juin 2026
Les pays africains renforcent de plus en plus l’identification des abonnés télécoms, considérée comme un instrument de sécurité. Elle vise à réduire la fraude et à mieux encadrer l’usage des services de communication.
Les abonnés des opérateurs télécoms burundais ont jusqu’au 25 juin 2026 pour régulariser l’identification de leurs cartes SIM. Au‑delà de ce délai, les lignes non conformes seront désactivées.
Cette mesure a été annoncée par l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications (ARCT), dans un communiqué daté du mercredi 3 juin.
Selon les informations relayées par le radiodiffuseur public, la mesure cible en priorité les abonnés dont les données d’identification présentent des irrégularités, notamment ceux dont les cartes nationales d’identité sont illisibles ou endommagées. Ces derniers ont déjà reçu des SMS les invitant à régulariser leur situation. Pour l’opération, seule la carte nationale d’identité est acceptée.
Cette initiative découle d’une ordonnance ministérielle du 13 janvier 2026 fixant les modalités d’enregistrement et d’utilisation des cartes SIM au Burundi. Ce cadre vise, entre autres, à renforcer la sécurité dans l’utilisation des cartes SIM, à prévenir les escroqueries visant les consommateurs et à promouvoir l’utilisation appropriée et responsable des cartes SIM.
Cette mesure intervient dans un contexte de transformation numérique caractérisée principalement par l’adoption accélérée et généralisée des services de communications électroniques. Par exemple, le Burundi comptait 8,79 millions d’abonnements à la téléphonie mobile et 1,6 million d’utilisateurs d’Internet à fin décembre 2025 pour environ 14,5 millions d’habitants, selon DataReportal.
Cette dynamique s’accompagne toutefois d’une recrudescence des fraudes exploitant ces canaux de communication, un phénomène observé sur l’ensemble du continent. Face à cette menace, plusieurs pays africains, dont le Nigeria, le Ghana, le Bénin et le Sénégal, ont lancé des campagnes d’enregistrement des cartes SIM visant à désactiver celles non conformes.
Il convient toutefois de préciser que le fait de limiter l’identification des abonnés à la seule carte nationale d’identité peut exclure certains usagers. Par ailleurs, la non‑possession des pièces exigées a, par exemple, limité l’adhésion des consommateurs dans certains pays comme le Ghana.
D’autres défis rencontrés à travers le continent incluent la réticence des autorités locales à autoriser la mise en place de points d’enregistrement, les pannes de courant dans les zones reculées perturbant l’enregistrement automatisé, le manque d’intérêt ou la résistance de certains clients, ainsi que la fourniture d’informations inexactes.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 5 juin 2026)
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