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Burkina Faso : 28,6 millions $ pour renforcer les capacités de stockage de données

vendredi 23 janvier 2026

Infrastructures

Le Burkina Faso poursuit ses efforts en faveur du développement de son infrastructure numérique nationale, pilier de la transformation digitale. Le pays a récemment lancé les travaux de construction d’un centre chargé de la supervision de ces infrastructures stratégiques.

Les autorités burkinabè ont annoncé l’inauguration, vendredi 23 janvier, de deux mini‑datacenters destinés à l’administration publique. D’un coût estimé à 16 milliards de francs CFA (28,6 millions USD), cette infrastructure s’inscrit dans la stratégie de souveraineté numérique du pays, qui promeut l’hébergement des données nationales sur le territoire burkinabè.

«  Ce projet constitue une étape intermédiaire vers la construction d’un Big Datacenter national, destiné à rapatrier l’ensemble des données numériques de l’administration publique et du secteur privé actuellement hébergées à l’extérieur du pays  », a indiqué le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Télécommunications dans un communiqué publié sur Facebook.

Selon les données officielles, les deux mini‑datacenters offriront une capacité de stockage d’environ 3000 téraoctets, soit dix fois la capacité existante. Ils pourront supporter plus de 7000 machines virtuelles connectées, chaque ministère pouvant héberger entre 100 et 300 serveurs virtuels pour le déploiement de ses plateformes numériques.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de faire du numérique un levier du développement socio‑économique et de positionner le Burkina Faso comme un acteur de référence en matière d’intégration des TIC dans des secteurs clés tels que l’administration publique, l’éducation, la santé, le commerce et l’agriculture. Elle s’aligne notamment sur l’un des 12 chantiers majeurs de la transformation digitale du pays : le principe du «  zéro donnée à l’extérieur  ». À terme, les autorités anticipent une économie d’environ 30 milliards de francs CFA sur cinq ans, grâce à la réduction des coûts d’hébergement à l’étranger.

Souveraineté numérique en Afrique : au‑delà des infrastructures

Si le développement de centres de données locaux constitue une avancée vers la souveraineté numérique, celle‑ci ne se limite pas aux seules infrastructures. Selon le Centre africain d’études stratégiques (ACSS), la pile technologique comprend également les applications, systèmes d’exploitation, produits de consommation et prestataires de services, des segments encore largement dominés par des acteurs étrangers.

Dans un rapport publié en décembre 2024, l’ACSS souligne par exemple la domination de Google et Meta sur la couche applicative, ainsi que celle des systèmes d’exploitation américains Android, iOS et Windows. La fourniture de terminaux mobiles reste majoritairement assurée par des fabricants asiatiques (chinois et sud‑coréens), avec une présence notable d’Apple (USA). Même parmi les fournisseurs de services, on note la présence de groupes étrangers comme Orange (France), Airtel (Inde), Africell (USA), Vodafone (Royaume‑Uni)…

Pour réduire cette dépendance, le Centre recommande de diversifier l’offre et de renforcer la concurrence, en attendant l’émergence d’outils technologiques locaux. Il appelle également à faire de la cybersécurité une priorité, en incitant États, entreprises et particuliers à privilégier des solutions sécurisées, tout en renforçant les capacités nationales de protection des infrastructures critiques.

Sur ce volet, le Burkina Faso s’est classé dans le troisième palier sur cinq de l’Indice global de cybersécurité de l’Union internationale des télécommunications (UIT) en 2024. Le pays affiche des avancées en matière de cadre institutionnel, législatif et de coopération, mais reste en retrait sur les capacités techniques et le développement des compétences.

Isaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 23 janvier 2026)

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