et ingénieur polytechnicien réputé pour son sens tactique doit d’urgence moderniser Sonatel et stopper l’inquiétante érosion de ses parts de marché au Sénégal.
Le géant ouest-africain des télécoms est à un tournant de son histoire. Selon une analyse de Maher Hajbi publiée dans Jeune Afrique, Sonatel a récemment confié ses rênes à Brelotte Ba, un polytechnicien sénégalais cumulant vingt-quatre années d’expérience chez Orange, pour piloter une transformation vitale. Malgré un chiffre d’affaires impressionnant de plus de 1 923 milliards de francs CFA (près de 3 milliards d’euros) en 2025, soit une hausse de 8,3%, le leader régional voit sa croissance ralentir sur son marché historique en raison d’une concurrence féroce.
Le principal défi du nouveau directeur général est de stopper l’hémorragie dans le secteur des services financiers sur mobile. La start-up américaine Wave a complètement bouleversé l’écosystème avec une stratégie tarifaire agressive, captant aujourd’hui « 80% de parts de marché en nombre de clients », selon Jeune Afrique. « En 2025, la dynamique a été moins forte que prévu », concède Brelotte Ba. Les conséquences sont lourdes pour l’opérateur historique : l’application Orange Money Service ne pèse plus que « 5% du chiffre d’affaires du groupe au Sénégal ».
Pour « rééquilibrer le marché », le nouveau patron mise sur une riposte tactique. Au-delà de la gratuité des transferts, il déploie des services à forte valeur ajoutée comme le microcrédit via Orange Bank Sénégal, l’extension des paiements par QR code et la refonte totale de l’application Max it.
Mais l’ambition de Brelotte Ba dépasse le simple cadre financier. Celui qui se dit « heureux de revenir à Sonatel » veut métamorphoser l’opérateur traditionnel en une véritable « plateforme technologique ». Comme il le confie au magazine panafricain, « la connectivité restera le socle de nos activités, mais elle doit être complétée par de nouveaux services, notamment par les plateformes digitales, la cybersécurité, le cloud, le Big Data et l’IA ».
Pour asseoir cette stratégie, l’ancien judoka multiplie les alliances stratégiques avec des acteurs majeurs du pays comme la Senelec ou le Port autonome de Dakar. Cette offensive globale vise également à anticiper les futures menaces technologiques, à l’image du réseau satellitaire Starlink. « Sonatel propose une offre technologique globale », rétorque le dirigeant, qui a déjà prévu de pousser la couverture fibre optique à 100% dans les zones urbaines pour maintenir son entreprise au sommet de l’économie ouest-africaine.
(Source : Seneplus, 21 mars 2026)
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Brelotte Ba, l’atout de la Sonatel face à Wave