A. LE NIGÉRIA DÉJÀ PLUS GROS QUE TOUTE L’UMOA
le nigeria a engrangé plus de 90 milliards de dollars d’activité crypto en un an, dont une part majeure en stablecoins. le système sica-uemoa traitait environ 61 milliards de dollars de flux, un seul pays non membre rivalise déjà avec certains volumes du système régional. le ghana, deuxième corridor informel de la cedeao avec le burkina, bascule lui aussi vers l’usdt. près de 30% des utilisateurs de stablecoins les utilisent désormais pour du commerce b2b. les opérateurs paient parfois moins de 1% de frais contre jusqu’à 7% par les banques traditionnelles. le choix est vite fait. et chaque jour, ce choix se fait un peu plus loin de la bceao. bientôt, il se fera sans même penser à elle. elle ne sera plus qu’un nom.
B. DOLLARISATION NUMÉRIQUE EN MARCHE
chaque transaction en usdt à niamey, accra ou lagos contourne un peu plus le franc cfa. la bceao risque progressivement de perdre une partie de son seigneurage, de son contrôle de change et de sa traçabilité fiscale. la banque des états de l’afrique centrale a tiré la sonnette d’alarme quand la centrafrique a adopté le bitcoin. la bceao, elle, temporise avec ses réflexions sur les crypto-actifs et les monnaies numériques de banque centrale. le marché, lui, ne temporise pas. il avance sans elle. et sans elle, il construit un système parallèle qui ne reviendra pas. un système où la bceao n’a plus de siège. ni de voix.
C. LES BANQUES DEVIENNENT INVISIBLES
onafriq dessert plus de 500 millions de portefeuilles mobiles et comptes à travers l’afrique et expérimente les paiements en stablecoins. les établissements agréés de l’umoa ne peuvent pas concurrencer facilement un réseau sans frontière ni intermédiaire. le maïs, l’oignon, le bétail transitent de plus en plus par des portefeuilles numériques, pas uniquement par les comptes bancaires agréés. la dépréciation du naira et du cedi accélère l’exode vers les actifs indexés au dollar. le franc cfa, pourtant stable, est contourné par ceux qui préfèrent les stablecoins adossés au dollar. et ceux-là sont de plus en plus nombreux à ne plus voir l’intérêt de revenir. pour eux, la banque est déjà un souvenir. oublié.
D. RÉAGIR OU DISPARAÎTRE
plus de 200 milliards de dollars ont transité par l’afrique subsaharienne en crypto-actifs en un an, en hausse de plus de 50%. les stablecoins représentent environ 43% de ces volumes. la bceao a la confiance, les banques, la légitimité. mais la vitesse l’emporte souvent sur la légitimité. sans monnaie numérique de banque centrale crédible et sans interopérabilité offensive, le système de paiement de l’umoa risque d’être marginalisé. le risque n’est pas le remplacement immédiat du franc cfa. c’est son contournement silencieux et progressif. et le silence, dans cette affaire, est déjà assourdissant. un silence que l’histoire n’excusera pas. ni n’oubliera.
Dr Seydou Bocoum
Economiste hétérodoxe
Source : roupe WhatsApp du RASA, 22 mai 2026)
OSIRIS
BCEAO : Les stablescoins vont vider votre Franc CFA