Du 29 au 31 janvier 2026, Bamako sera le théâtre de la troisième édition de la Semaine du numérique, consacrée au e-gouvernement et aux enjeux de l’intelligence artificielle dans le champ culturel.
L’annonce de la tenue prochaine de la 3e Semaine du numérique à Bamako a été faite le 6 janvier par le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’administration, dans un contexte de coopération numérique au sein de l’Alliance des États du Sahel.
Rattachée à l’exercice 2025 mais programmée exceptionnellement en janvier 2026, cette troisième édition intervient après un réaménagement du calendrier institutionnel, lié à la concentration des activités officielles en fin d’année. L’événement est initié par le ministère en charge du Numérique, avec l’ambition affichée d’ouvrir un cadre de réflexion autour de la modernisation de l’administration et de l’intégration des technologies numériques dans l’action publique.
Le thème retenu, centré sur le e-gouvernement à l’ère de l’intelligence artificielle, s’inscrit toutefois dans un contexte national marqué par un accès encore limité aux outils numériques. Selon les données les plus récentes, environ 8,9 millions de Maliens utilisaient Internet fin 2025, soit près de 35 % de la population. Autrement dit, près des deux tiers des habitants restent en dehors de l’espace numérique, une réalité qui pèse sur la portée effective des services publics dématérialisés.
Les usages numériques restent également modestes sur les plateformes sociales, avec environ 2,4 millions d’identités actives recensées à la même période, représentant moins de 10 % de la population. Cette faible pénétration interroge la capacité des dispositifs numériques publics à toucher un large public, notamment en milieu rural, où les contraintes d’infrastructures, de coût et de formation demeurent importantes.
Sur le plan international, le Mali figure parmi les pays à faible niveau de développement du e-gouvernement. Selon l’Enquête des Nations Unies publiée en 2024, le pays se situait autour du 173e rang mondial sur 193 États, avec un indice de développement du e-gouvernement estimé à environ 0,30. Ces indicateurs traduisent des progrès encore limités dans l’intégration, l’accessibilité et l’usage des services publics en ligne.
L’introduction de l’intelligence artificielle dans les politiques publiques soulève, dans ce contexte, des attentes mais aussi de nombreuses interrogations. Si les autorités évoquent des gains potentiels en matière d’efficacité administrative et de valorisation des données publiques, les enjeux liés à la protection des données personnelles, à la transparence des systèmes automatisés et aux capacités locales de maîtrise technologique restent centraux. Le Mali dispose d’un cadre juridique en matière de protection des données, mais son application concrète demeure un sujet de débat parmi les acteurs du numérique et les organisations de la société civile.
Au-delà de la dimension nationale, la Semaine du numérique s’inscrit dans une dynamique régionale portée par l’Alliance des États du Sahel, dont les pays membres cherchent à renforcer leur coopération dans le domaine du numérique. Cette approche régionale vise notamment le partage d’expériences, la mutualisation des compétences et la recherche de solutions adaptées aux réalités économiques et sécuritaires de l’espace sahélien.
L’événement réunira des responsables publics, des experts, des universitaires, des entrepreneurs et des représentants de la société civile. Les échanges attendus porteront aussi bien sur les orientations stratégiques que sur les contraintes concrètes liées aux infrastructures, à la formation des ressources humaines et au financement des projets numériques.
Selon les autorités, la Semaine du numérique réunira responsables publics, experts et acteurs du secteur autour des questions de e-gouvernement et d’intelligence artificielle. Les échanges annoncés s’inscrivent dans un contexte national marqué par des contraintes économiques, sécuritaires et un accès encore limité aux services numériques.
(Source : APAnews, 9 janvier 2026)
OSIRIS
Bamako abritera la 3e Semaine du numérique