Axian Telecom se renforce sur le B2B face à la demande croissante en Afrique
vendredi 29 mai 2026
Les entreprises africaines s’intéressent de plus en plus aux solutions technologiques qui promettent productivité, efficacité et croissance. Les opérateurs télécoms s’organisent pour répondre à cette demande.
L’opérateur télécoms Yas Tanzania a procédé en début de semaine au lancement d’une nouvelle unité B2B destinée à répondre plus efficacement aux besoins des entreprises, dans un contexte de transformation numérique accélérée. L’initiative s’inscrit dans le cadre de la structuration et du renforcement de la branche entreprise du groupe Axian Telecom.
Selon la presse locale, Yas Business se concentrera sur la fourniture de services numériques avancés, conçus sur mesure pour les grandes entreprises, les petites et moyennes entreprises (PME) et les institutions publiques. La plateforme proposera diverses solutions, notamment le SD‑WAN, la connectivité cloud, les services liés à l’Internet des objets (IoT), des solutions de gestion déléguée et un centre de données de niveau 3.
« Yas Business regroupe nos capacités destinées aux entreprises sous une identité plus forte et plus cohérente, qui reflète notre engagement à aider les entreprises à améliorer leurs performances, leur croissance et leurs opportunités grâce à une connectivité fiable et à des solutions numériques avancées », a déclaré Pierre Canton-Bacara, cité par Tanzania Insight.
Une dynamique déjà enclenchée sur les autres marchés d’Axian Telecom
Cette initiative en Tanzanie s’inscrit dans une dynamique déjà engagée sur d’autres marchés du groupe Axian Telecom. Yas Business a notamment été lancée au Togo en novembre 2025 avec pour ambition « d’accompagner les entreprises publiques et privées, les professionnels et les entrepreneurs à passer au niveau supérieur grâce à des outils efficaces, un accompagnement structuré et une vision claire ».
La marque a également été déployée à Madagascar en février 2025 et aux Comores en janvier 2025. Elle est par ailleurs bien implantée au Sénégal. Dans ce pays, l’opérateur met en avant une infrastructure indépendante et sécurisée, reposant notamment sur deux câbles sous-marins internationaux (ACE et SAT3), avec des chemins et points d’atterrissage distincts à Dakar. Cette architecture est complétée par un réseau national de plus de 10 000 km, combinant fibre optique et faisceaux hertziens.
L’offre s’appuie également sur un data center certifié Tier 3. Elle inclut un accompagnement dédié aux entreprises de toutes tailles, allant des artisans aux grands groupes et institutions publiques, à travers des services de conseil, d’audit et un support client spécialisé.
Une diversification portée par la pression sur les revenus traditionnels
Ces efforts d’Axian Telecom pour mieux structurer son offre B2B interviennent alors que les opérateurs télécoms cherchent à diversifier leurs revenus au-delà des segments traditionnels, dont certains montrent déjà des signes de saturation. La fourniture de solutions technologiques apparaît ainsi comme un relais de croissance pour le secteur.
L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) reconnaît que la demande croissante des entreprises en solutions numériques ouvre des perspectives importantes pour les opérateurs télécoms. Elle souligne également que la faible progression du revenu moyen par client (ARPU) les pousse à diversifier leurs sources de revenus.
Selon GSMA Intelligence, le marché mondial potentiel du B2B pour les opérateurs télécoms dépasse 400 milliards de dollars, soit environ 35 % des revenus actuels du secteur mobile. Le rapport « Mobile Economy Africa 2025 » indique par ailleurs qu’à l’horizon 2030, la contribution économique des télécommunications mobiles pourrait atteindre environ 270 milliards de dollars en Afrique, soit 7,4 % du PIB.
« Cette progression attendue résulte des gains de productivité et d’efficacité liés au développement des services mobiles et à l’adoption croissante des technologies numériques, notamment la 5G, l’IoT et l’intelligence artificielle », souligne le rapport.
Pour le moment, le segment mobile et fixe représente 64 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, qui s’est établi à 1,69 milliard de dollars en 2025. Il est suivi par les services numériques et financiers mobiles (17 %), puis par les infrastructures (11 %). Le reste des activités contribue à hauteur de 8 %.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 29 mai 2026)
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