Au Burkina Faso, les députés se forment à l’IA pour mieux légiférer sur le numérique
mardi 21 juillet 2026
Le développement de l’intelligence artificielle soulève de nouveaux défis en matière de gouvernance, de données et de souveraineté numérique. Au Burkina Faso, les autorités cherchent à renforcer la capacité des institutions à accompagner les mutations liées à cette technologie.
Le Burkina Faso poursuit ses efforts pour mieux intégrer l’intelligence artificielle dans ses politiques publiques. Après avoir validé le mois dernier sa feuille de route sur l’IA, le pays multiplie les initiatives de sensibilisation et de renforcement des compétences au sein de ses institutions.
C’est dans cette dynamique que le Secrétariat permanent de l’Innovation et de la Veille sur les Technologies émergentes du numérique (SPIVTEN), relevant du ministère de la Transition digitale, a organisé, le mercredi 15 juillet à Ouagadougou, une session de formation réunissant une trentaine de députés de l’Assemblée législative du peuple (ALP). L’initiative vise à familiariser les élus avec les mécanismes, les usages et les enjeux liés à l’intelligence artificielle, afin de leur permettre d’appréhender plus clairement les transformations qu’elle entraîne dans la société et l’action publique.
La formation a notamment porté sur les notions fondamentales de l’IA, ses domaines d’application et les responsabilités liées à son encadrement. Les échanges ont également abordé les questions de souveraineté numérique, de maîtrise des données et de protection du cyberespace. Pour le SPIVTEN, les parlementaires doivent disposer d’une compréhension suffisante de ces technologies pour participer à l’élaboration d’un environnement juridique et institutionnel adapté à leur développement.
Cette initiative intervient alors que l’IA occupe une place croissante dans l’agenda numérique du Burkina Faso. En août 2025, le gouvernement avait lancé un atelier national destiné à poser les bases d’un plan d’action sur l’intelligence artificielle, avec la participation des institutions publiques, du secteur privé, des universités, des centres de recherche et de la société civile. Une campagne nationale de sensibilisation et de formation a ensuite été lancée en octobre autour du thème de l’IA comme enjeu de souveraineté.
La montée en compétence des décideurs publics constitue un préalable à la définition de règles adaptées à une technologie qui touche désormais plusieurs domaines de la gouvernance. En avril 2026, le SPIVTEN avait déjà engagé une campagne de sensibilisation destinée aux directeurs de cabinet de l’administration publique, tandis que la Primature a organisé en mai une formation consacrée aux opportunités et aux risques de l’IA pour l’administration, puis une autre session en juillet autour de son utilisation éthique et responsable.
Pour l’Assemblée législative du peuple, l’enjeu est donc de disposer d’élus capables de comprendre les implications des technologies qu’ils seront amenés à encadrer par la loi. La question dépasse notamment les seuls usages de l’IA : elle touche à la protection des données, à la cybersécurité, à la lutte contre la désinformation et à la maîtrise des infrastructures et des ressources numériques. Le SPIVTEN estime à ce titre que le développement d’une IA adaptée aux réalités nationales passe aussi par le renforcement des infrastructures, la disponibilité de données de qualité et la formation de compétences spécialisées.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 21 juillet 2026)
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