ARTP : quand la régulation arrête de somnoler et se met à encaisser
vendredi 9 janvier 2026
Il arrive, rarement mais spectaculairement, qu’une administration sénégalaise décide de faire son travail… et même plus que prévu. À l’ARTP, on n’a pas seulement coché les cases : on a fait exploser le tableau. Plus de 200 % de l’objectif annuel atteint, 44,5 milliards de FCFA encaissés là où l’on en attendait timidement 21,6. Un score indécent dans un pays habitué aux objectifs caressés, contournés, puis oubliés dans un tiroir climatisé.
Pendant que certaines directions publiques excellent dans l’art du prétexte et du « on fera mieux l’année prochaine », l’ARTP, sous la houlette de Dahirou Thiam, a choisi une autre voie : celle, presque subversive, de la performance réelle. Oui, réelle. Mesurable. Comptable. Chiffrée. Une hérésie administrative.
La redevance radioélectrique, longtemps traitée comme une formalité décorative, est devenue une mine exploitée avec méthode. Fini le spectre géré à l’ancienne, à coups d’arrangements flous et de tolérances complaisantes. Ici, on régule, on facture, on encaisse. Bref, on gouverne. De quoi donner des sueurs froides à tous les champions nationaux de la sous-performance chronique.
Dahirou Thiam n’a pas réinventé la roue. Il a fait pire : il l’a fait tourner. Rigueur, modernisation, discipline, culture du résultat… autant de mots que l’administration prononce souvent comme des slogans, mais que l’ARTP a osé transformer en actes. Résultat : une institution qui ne mendie plus sa crédibilité, mais l’impose par les chiffres.
Dans un pays où l’on cherche désespérément des recettes non fiscales comme on chercherait de l’eau dans le désert, l’ARTP arrive avec un seau plein et dit calmement : « Ce n’était pas si compliqué. Il suffisait de travailler. » Provocation suprême.
Cette performance à 206 % n’est pas seulement un exploit budgétaire, c’est une gifle élégante à la médiocrité administrative. Elle rappelle une vérité dérangeante : quand la compétence prend le pouvoir, les caisses cessent de pleurer et l’État commence à respirer.
Alors oui, félicitations à l’ARTP.
Oui, félicitations à Dahirou Thiam.
Et surtout, attention : à ce rythme, certains ministères risquent de se retrouver nus face à leurs excuses habituelles. Le Sénégal, lui, ne s’en plaindra pas.
Malick Ba
(Source : [Facebook>http://www.facebook.com/], 9 janvier 2026)
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