Après le Nigeria, Amazon vise déjà l’Afrique du Sud avec son Internet par satellite
mardi 20 janvier 2026
Le Nigeria est le premier pays où une licence pour Amazon Leo a été annoncée. Mais avant cela, la société avait déjà signé un accord de partenariat avec le groupe Vodacom, via sa maison mère Vodafone, pour étendre son réseau 4G/5G en Afrique.
La société américaine Amazon prépare le lancement de ses services d’Internet par satellite en Afrique du Sud, peu après avoir obtenu l’aval des autorités nigérianes. L’information est rapportée par le média sud‑africain ITWeb, qui cite Helen Kyeyune, responsable des affaires réglementaires et des licences pour l’Afrique subsaharienne chez Amazon Leo. Le déploiement du service est attendu plus tard dans l’année 2026.
Selon ITWeb, Mme Kyeyune s’exprimait à la fin de la semaine dernière lors des auditions publiques organisées par l’Independent Communications Authority of South Africa (ICASA), dans le cadre du processus de consultation sur la deuxième version du Projet de plan national des fréquences radio 2025.
À cette occasion, elle a indiqué qu’Amazon Leo entendait appuyer l’extension de la couverture Internet en Afrique du Sud en fournissant des capacités de transport (backhaul) par satellite aux fournisseurs d’accès locaux. « Par conséquent, nous nous associons à des partenaires locaux pour fournir le réseau et les services. Les partenaires locaux seront propriétaires de la relation client et en assumeront la responsabilité réglementaire », a‑t‑elle expliqué. Et d’ajouter que l’entreprise travaillera de son côté avec le régulateur afin de garantir que des éléments tels que le spectre et d’autres ressources puissent être négociés et approuvés de manière à soutenir la fourniture des services par les partenaires locaux.
Un positionnement différent ?
Ce positionnement laisse entrevoir, du moins dans un premier temps, un modèle différent de celui de Starlink, qui commercialise directement ses services auprès des utilisateurs finaux via des terminaux dédiés. Pourtant, Amazon prévoit bien des équipements clients de ce type avec un fonctionnement similaire.
La question se pose donc de savoir s’il s’agit d’une stratégie de déploiement progressif. Mme Kyeyune indique en effet que l’objectif d’Amazon Leo est de fournir d’abord le service à un nombre limité de clients dans le cadre d’une bêta commerciale. Un déploiement plus large s’en suivra à mesure du lancement de nouveaux satellites et de l’augmentation de la couverture et de la capacité du réseau. La société a déjà un accord en cours pour aider le groupe sud‑africain Vodacom à renforcer et étendre son réseau dans le pays et dans ses autres marchés du continent.
Reste également à déterminer dans quelle mesure ce positionnement relève d’une adaptation au cadre réglementaire sud‑africain, notamment en matière de licences, de spectre et de participation locale. À ce stade, Starlink n’a toujours pas lancé ses services dans le pays, alors même que l’entreprise est présente commercialement sur le continent depuis janvier 2023 et opère aujourd’hui dans environ 25 pays africains. En Afrique australe, plusieurs États bénéficient déjà des services de Starlink, dont la Zambie, le Zimbabwe, le Botswana, le Mozambique, le Malawi, le Lesotho et l’eSwatini.
Dans la nation arc‑en‑ciel, le régulateur télécoms impose à toute entreprise étrangère souhaitant obtenir une licence TIC de céder au moins 30 % de son capital à des personnes historiquement défavorisées. Face aux réticences de Starlink, le gouvernement a proposé d’assouplir ce cadre en intégrant des programmes d’équivalence d’investissements (Equity Equivalent Investment Programmes – EEIPs). Si Starlink s’est dite favorable à cette option et a déjà formulé des propositions en ce sens, le mécanisme reste contesté par une partie de la classe politique et par certains acteurs du secteur.
Rappelons que 13,3 millions de Sud‑Africains, soit 20,4 % de la population, n’utilisaient pas encore Internet à fin 2025, selon les données de DataReportal. Cela constitue un parc de clients potentiels à aller chercher pour Amazon Leo et ses partenaires, d’autant plus que la technologie satellitaire promet une couverture totale du territoire. Aux personnes non connectées, s’ajoutent celles à la recherche d’une connectivité Internet de qualité et fiable pour des besoins comme le télétravail, l’e‑learning, l’intelligence artificielle, le machine learning, le gaming, le streaming…
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 20 janvier 2026)
OSIRIS