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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Mars 2026 > Angola : un cadre pour stimuler les start-up et dynamiser l’écosystème numérique

Angola : un cadre pour stimuler les start-up et dynamiser l’écosystème numérique

vendredi 20 mars 2026

Innovation/Entreprenariat

La transformation numérique favorise l’émergence d’entreprises technologiques pour répondre aux besoins du continent africain. Pourtant, leur développement reste freiné par de nombreux obstacles.

L’Angola se dote d’un cadre juridique pour faciliter l’émergence des start-up et soutenir le développement de l’écosystème national. La proposition de loi sur les jeunes pousses a été approuvée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, le jeudi 19 mars.

Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, Rui Miguêns de Oliveira, cette initiative vise à combler le vide juridique existant, à renforcer la sécurité juridique et à stimuler l’innovation technologique. Le dispositif distingue clairement les start-up des micro, petites et moyennes entreprises, en se concentrant sur des activités technologiques à fort potentiel de croissance et à vocation mondiale.

Rui Miguêns de Oliveira a précisé que le texte fixe un plafond de chiffre d’affaires annuel de 3,5 millions de dollars, sans seuil minimum, ce qui permet à des initiatives sans revenus d’être reconnues dans cette catégorie.

Des efforts croissants en faveur des jeunes pousses

Cette approbation du Parlement intervient environ quatre mois après celle du gouvernement en Conseil des ministres. L’élaboration de ce cadre réglementaire a été pilotée par l’Institut national d’appui aux micro, petites et moyennes entreprises (INAPEM), en partenariat technique avec la Société financière internationale (IFC). L’initiative s’inscrit dans les efforts des autorités pour développer l’écosystème numérique national.

En octobre 2025, l’Angola avait, en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), lancé un projet de 125 millions de dollars pour stimuler l’entrepreneuriat des jeunes et la création d’emplois. Il prévoit, entre autres, de soutenir la croissance de plus de 10 000 micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et start-up.

En mars 2025, l’INAPEM avait déjà signé un protocole d’accord avec l’Institut national pour la promotion de la société de l’information (INFOSI). Celui-ci porte notamment sur l’identification et la sélection des start-up et des entrepreneurs pour le programme d’incubation DIGITAL.AO, la mise à disposition d’espaces physiques pour l’incubation, l’organisation de formations et d’ateliers de renforcement des capacités, des services de mentorat et de conseil spécialisé, ainsi que l’accès facilité aux réseaux d’investisseurs et de partenaires potentiels.

La Société financière internationale (IFC) a engagé en 2021 un programme de soutien aux start-up angolaises. La filiale du groupe de la Banque mondiale, dédiée au secteur privé dans les pays en développement, a notamment signé un accord avec l’incubateur-accélérateur Acelera Angola. Elle s’est engagée à financer, à fournir une assistance technique ainsi qu’un appui matériel à des entreprises technologiques et innovantes angolaises.

Entre ambitions et défis

Ces efforts des autorités pour le développement de l’écosystème numérique national s’inscrivent dans le cadre plus large de la stratégie nationale de transformation numérique, qui mise sur les TIC pour le développement socio-économique. Selon Rui Miguêns de Oliveira, Luanda perçoit les start-up comme un levier pour dynamiser l’économie, créer des emplois qualifiés et contribuer à la formalisation des activités économiques.

Dans une « Évaluation de l’écosystème angolais des start-up » publiée en 2023, l’IFC estime que le soutien aux start-up, ainsi que la promotion de l’innovation et de l’entrepreneuriat, pourraient aider l’Angola à diversifier davantage une économie encore dépendante du pétrole et à créer plus d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

Cependant, l’écosystème technologique angolais reste à un stade embryonnaire et fait face à de nombreux défis. Selon une évaluation du PNUD publiée en 2024, il ne capte qu’une part marginale des financements et des opérations en Afrique australe, la majorité des start-up restant sans financement. Le pays est ainsi en retrait par rapport à des marchés comparables comme le Botswana, le Malawi, la Namibie et la Zambie. Sur plus de 200 start-up recensées, seules 2 % ont accédé au capital-risque.

Le rapport souligne que le principal frein est le manque de financements à tous les stades, surtout en phase initiale, où les opérations demeurent rares, même pour un marché émergent, alors qu’elles sont essentielles pour stimuler l’innovation et attirer les investissements. L’Angola compte très peu d’investisseurs providentiels ou de fonds d’amorçage, sans véritable réseau pour les structurer. Les transactions de moins de 250 000 dollars sont limitées, à l’image des subventions et autres dispositifs de soutien, encore insuffisants pour impulser une réelle dynamique.

Isaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 20 mars 2026)

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