Algérie : une stratégie nationale d’IA pour accélérer la transformation numérique
lundi 1er juin 2026
En Afrique, la transformation numérique s’intensifie. L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un outil stratégique d’innovation, d’amélioration de l’efficacité et d’amélioration de la productivité.
L’Algérie est en train d’élaborer une stratégie nationale d’intelligence artificielle (IA). L’initiative s’inscrit dans le cadre de la dynamique en cours de modernisation de l’action publique et de transformation numérique.
Le projet de la stratégie a été examiné la semaine dernière lors d’une réunion du gouvernement présidée par le Premier ministre, Sifi Ghrieb. Le plan de déploiement du portail national des services numériques « Dzair digital services » était également à l’ordre du jour, d’après le communiqué de la Primature rapporté par Algérie Presse Service (APS).
Selon les autorités, la stratégie s’appuie sur trois leviers que sont la donnée, les infrastructures numériques et les compétences humaines. Ils sont considérés comme les piliers d’une capacité nationale durable en intelligence artificielle.
La primature précise qu’à l’issue de son adoption par le Conseil des ministres, cette stratégie fera l’objet de plans d’actions pour son déploiement opérationnel selon des priorités et un rythme de progression pré‑établi.
Une nouvelle étape dans la transformation numérique
Avec sa stratégie nationale d’IA, l’Algérie entend « franchir une étape supplémentaire dans la construction d’un modèle de développement fondé sur la connaissance, l’innovation et la maîtrise des technologies émergentes ».
La feuille de route viendra compléter la stratégie nationale de transformation numérique à l’horizon 2030. Cette dernière vise à intégrer les TIC dans l’ensemble des secteurs afin de soutenir le développement socio‑économique. Dans le secteur public, l’objectif est de rendre l’administration plus efficace, plus transparente et plus proche du citoyen grâce au numérique.
À juste titre, le département des affaires économiques et sociales (DAES) souligne que l’IA a le potentiel d’optimiser les opérations du secteur public. L’institution onusienne explique que grâce à l’automatisation des tâches administratives, la technologie peut améliorer l’efficacité, réduire les retards et limiter les redondances. Elle peut également contribuer à la détection d’anomalies, à la classification des données et à la formulation de recommandations.
Toutefois, le DAES met en garde contre plusieurs risques, dont les biais des données, susceptibles d’entraîner une mauvaise représentation de certains groupes. Il cite aussi des préoccupations éthiques, sécuritaires et sociales, ainsi que la fracture numérique. Cette dernière renforce les inégalités, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et les pays les moins avancés.
Pour le moment, l’Algérie se classe 116e mondial à l’Indice de développement de l’e‑gouvernement du DAES avec un score de 0,5956 sur 1. Si le pays est au‑dessus de la moyenne africaine (0,4247), il est juste en‑dessous de la moyenne mondiale qui est de 0,6382.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 1er juin 2026)
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