Algérie : un centre national pour garantir une disponibilité des services administratifs
mardi 7 juillet 2026
Le stockage des données sensibles sur le territoire national permet à un pays de protéger la vie privée de ses citoyens et de réduire l’influence des législations étrangères. C’est dans cette logique que l’Algérie a récemment mis en place une nouvelle infrastructure dédiée.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a inauguré, le dimanche 5 juillet, à Mohammadia, dans la wilaya d’Alger, le Centre national algérien des services numériques. La cérémonie s’est tenue à l’occasion du 64e anniversaire de la fête de l’Indépendance, en présence de la ministre de la Numérisation et des Statistiques, Meriem Benmouloud.
Le centre repose sur deux data centers implantés à Alger et à Blida, fonctionnant en architecture « actif-actif » : les deux sites traitent simultanément les requêtes en temps réel, assurant la continuité du service en cas de défaillance de l’un d’eux. Ce dispositif garantit un taux de disponibilité de 99,98 %, soit moins de deux heures d’interruption par an, une synchronisation instantanée des données et une détection proactive des anomalies avant qu’elles n’affectent la qualité des services rendus.
Cette infrastructure héberge désormais l’ensemble des données des administrations publiques algériennes sur le territoire national, réduisant la dépendance de l’État aux infrastructures étrangères. Elle assure l’interopérabilité entre les différents ministères via un portail national unifié et permettra, à terme, la numérisation complète de quarante services publics accessibles au moyen d’une identité numérique. La réalisation du centre a été confiée au groupe chinois Huawei.
Elle s’inscrit dans un mouvement continental de souveraineté numérique, dans un contexte où l’Afrique ne représente que 0,6 % de la capacité mondiale des data centers, alors qu’elle concentre 19 % de la population mondiale, selon le rapport Data Centres in Africa 2026 de l’African Data Centre Association (ADCA). La quasi-totalité de cette capacité reste concentrée en Afrique du Sud, au Nigeria, au Kenya et en Égypte.
L’Algérie figurait parmi les dix pays africains les mieux dotés en data centers en 2025, avec un premier data center inauguré à Constantine en février 2023 et un second, dédié à l’intelligence artificielle, mis en service à Oran en mars 2025.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 7 juillet 2026)
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