Algérie : le président Tebboune donne un mois pour connecter les administrations au Data Center national
mercredi 15 juillet 2026
L’interopérabilité des administrations constitue l’un des principaux leviers de la transformation numérique des États. En Algérie, les autorités passent à une nouvelle étape en imposant un calendrier pour connecter les systèmes d’information des institutions publiques.
L’Algérie accélère la mise en œuvre de sa stratégie de numérisation. En Conseil des ministres le dimanche 12 juillet, le président Abdelmadjid Tebboune (photo) a imposé un délai d’un mois pour réaliser l’interconnexion intersectorielle des administrations à travers l’exploitation du Centre national des données (Data Center), pour élargir les services numériques accessibles aux citoyens.
Cette décision s’inscrit dans « l’accélération de la mise en œuvre du processus de numérisation et la concrétisation de l’intégration entre les différentes institutions de l’État », selon le communiqué du Conseil des ministres. En parallèle, le chef de l’État a également décidé que l’allocation touristique serait désormais versée provisoirement par carte bancaire afin de limiter les détournements et de mieux tracer les paiements.
Concrètement, cette interconnexion vise à faciliter l’échange automatisé de données entre les différentes institutions publiques, afin d’éviter aux citoyens de fournir plusieurs fois les mêmes documents lors de leurs démarches administratives. Elle représente le socle technique du portail national des services numériques « Dzair Digital Services », dont le gouvernement poursuit le déploiement pour simplifier les procédures administratives et développer les services publics en ligne.
Cette accélération intervient quelques jours après l’inauguration du Centre national algérien des services numériques à Alger. Présenté par les autorités comme la première infrastructure numérique souveraine du pays, le complexe comprend deux centres de données implantés à Alger et Blida, conçus selon les standards internationaux et offrant une disponibilité de 99,98 %. Il devrait héberger les données des administrations, garantir la continuité des services numériques et assurer l’interopérabilité entre les différents secteurs de l’État. Le premier Data Center national avait par ailleurs obtenu, en février dernier, la certification internationale Tier III Design délivrée par l’Uptime Institute.
Cette décision marque une nouvelle étape de la stratégie numérique engagée par l’Algérie. Après le lancement, en février, de la Plateforme nationale de gouvernance des données, visant à harmoniser la gestion des données publiques, les autorités cherchent désormais à rendre pleinement opérationnelle l’interconnexion entre les administrations. Cette évolution est également appelée à soutenir d’autres projets structurants, notamment la stratégie nationale d’intelligence artificielle et le développement du portail national des services numériques, qui reposent tous deux sur le partage sécurisé et standardisé des données publiques.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 15 juillet 2026)
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