Algérie : l’opérateur historique accélère la couverture du réseau Internet 4G
mercredi 18 février 2026
L’Algérie comptait 54,87 millions d’abonnements aux réseaux GSM à fin juin 2025, selon les données du régulateur télécoms. Sur ce parc, 48,7 millions d’abonnements étaient enregistrés sur la 4G, soit 88,8 % du total.
L’opérateur public Algérie Télécom a annoncé, dimanche 15 février, un plan de renforcement de sa couverture réseau Internet 4G à travers le pays. L’entreprise prévoit le déploiement d’un total de 345 stations de base du réseau dans 44 wilayas.
Selon un communiqué de l’opérateur télécoms, la première phase, actuellement en cours et qui s’étalera jusqu’au mois de mars prochain, prévoit l’installation de 195 stations de base. La seconde phase du programme verra, quant à elle, la mise en place d’au moins 150 stations supplémentaires du réseau 4G.
« Outre l’extension géographique de sa couverture 4G dans les zones enclavées, ce déploiement stratégique vise à renforcer le réseau d’Algérie Télécom dans les zones à forte densité et à garantir des débits de connexion plus élevés pour une navigation plus stable et plus rapide, doublée d’un confort d’utilisation optimisé », peut‑on lire dans le communiqué.
Avec ces nouvelles stations de base, équipées de technologies de dernière génération, Algérie Télécom entend répondre à la demande sans cesse croissante et diversifiée en services et usages numériques. La société peut ainsi consolider sa position sur un marché qu’elle partage notamment avec Djezzy et Ooredoo. Quatre fournisseurs d’accès à Internet sont également présents sur le marché.
Un programme aligné sur les priorités gouvernementales
Ce programme s’inscrit dans les efforts visant à généraliser l’accès à des services TIC de qualité, dans un contexte de transformation numérique. Son annonce intervient quelques jours après une réunion d’évaluation tenue le 12 février 2026 par le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, avec les opérateurs de téléphonie mobile Djezzy, Ooredoo et Mobilis (filiale mobile d’Algérie Télécom). Cette rencontre était consacrée à l’évaluation de la qualité du réseau et au renforcement de la couverture, notamment dans les zones rurales.
M.Zerrouki a appelé les opérateurs à « présenter un engagement pour un programme de rattrapage afin de remédier aux lacunes enregistrées », en veillant à assurer la couverture des axes routiers, notamment dans le Sud. Cela devra être effectif avant le mois de juin, ne serait‑ce que par un service minimum, particulièrement pour les appels aux numéros de secours.
Au cours de la rencontre, il a également été convenu de fixer des délais clairs pour parachever la couverture avant la fin de l’année en cours, tout en insistant sur un suivi périodique de l’exécution des engagements afin de garantir une amélioration concrète et durable de la qualité du réseau.
Le gouvernement mène par ailleurs un projet de couverture de l’ensemble des régions par la téléphonie mobile, avec un accent particulier sur les villages et zones rurales comptant entre 500 et 2000 habitants. La première phase a concerné 1400 zones, tandis que 4500 zones supplémentaires devraient être intégrées au réseau national de téléphonie mobile d’ici 2027 dans le cadre de la seconde phase.
En mai 2025, les autorités avaient déjà recommandé une meilleure exploitation des capacités du satellite national Alcomsat‑1 afin d’étendre l’accès à Internet. Des efforts de généralisation de la fibre optique sont aussi en cours.
Une couverture quasi totale, mais des défis d’usage
Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la 2G couvrait déjà 98,5 % de la population en 2023. En 2024, la 3G et la 4G couvraient 99,1 % de la population. En matière d’utilisation, l’organisation estime les taux de pénétration de la téléphonie mobile et de l’Internet à 92,7 % et 77,4 % respectivement en 2024. À titre comparatif, les taux officiels dépassent 100 %, notamment parce qu’ils prennent en compte toutes les cartes SIM actives, certaines personnes en possédant plusieurs.
Il convient toutefois de rappeler que l’adoption de la 4G nécessite des appareils compatibles, comme les smartphones. Selon les données de la Banque mondiale, le taux de possession de smartphones atteint 84,34 % au sein de la population âgée de plus de 15 ans. Cela signifie que plus de 15 % de cette tranche d’âge n’en possède pas.
Au‑delà de la disponibilité des terminaux, d’autres facteurs influencent l’adoption, notamment l’accessibilité des offres Internet proposées par les opérateurs et le niveau de compétences numériques de la population.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 18 février 2026)
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