Afrique du Sud : Telkom consacre 6,1 millions $ au développement des compétences en IA
vendredi 10 juillet 2026
L’intelligence artificielle s’impose comme une technologie phare. Pour aider les Sud-Africains à développer leurs compétences dans ce domaine, l’opérateur de télécommunications, Telkom, prévoit la création d’un institut de formation.
L’opérateur de télécommunications sud-africain Telkom a annoncé jeudi 9 juillet à Genève un engagement de 100 millions de rands (environ 6,1 millions de dollars) pour créer le Telkom AI Institute, une plateforme nationale de formation aux compétences en intelligence artificielle.
L’annonce a été faite en marge du Sommet mondial sur la société de l’information (WSIS Forum 2026), organisé par l’Union internationale des télécommunications (UIT), dans le cadre de la coalition Partner2Connect, qui a franchi le cap des 82 milliards de dollars d’engagements mondiaux pour la connectivité numérique.
L’institut ciblera en priorité les jeunes, les PME et les communautés insuffisamment intégrées à l’économie numérique sud-africaine, avec une formation axée sur des compétences directement applicables dans des secteurs identifiés comme prioritaires tels que l’éducation, l’agriculture, les mines et les transports.
« La connectivité sans la compétence ne mène l’Afrique du Sud qu’à mi-chemin. Nous avons passé des années à construire les réseaux qui connectent ce pays », a déclaré Serame Taukobong (photo), directeur général du groupe Telkom. Et d’ajouter : « le Telkom AI Institute est notre engagement à faire en sorte que cette connectivité se traduise en compétences, en emplois et en opportunités, en commençant par les Sud-Africains qui ont le plus à gagner et qui ont eu le moins accès jusqu’à présent ».
Les opérateurs africains accélèrent leurs investissements dans l’intelligence artificielle
Cet investissement s’inscrit dans un mouvement plus large des opérateurs de télécommunications africains, qui ne se contentent plus de déployer des réseaux, mais investissent dans les fondations mêmes de l’IA sur le continent. En octobre 2025, lors du Mobile World Congress de Kigali, six opérateurs africains (Airtel, MTN, Orange, Vodacom, Axian Telecom et Ethio Telecom) ont lancé le G6, une coalition visant à développer des modèles de langage fondés sur l’intelligence artificielle et entraînés sur les langues africaines.
En avril 2026, MTN a participé à une levée de 45 millions de dollars pour Oran Development Corporation (ODC), une start-up développant des solutions d’IA pour les réseaux, spécifiquement adaptées aux contraintes africaines.
Selon le rapport « Mobile Economy Africa 2026 » de l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), l’IA est passée en 2026 de simple ambition stratégique à réalité opérationnelle pour les opérateurs du continent, qui projettent d’investir 76 milliards de dollars entre 2025 et 2030.
L’enjeu dépasse la seule formation technique. Le continent africain abrite plus de 2000 langues, mais reste massivement sous-représenté dans les grands modèles de langage, une lacune qui risque d’entretenir une nouvelle forme d’exclusion numérique. M. Taukobong a plaidé pour que les opérateurs africains participent activement à l’élaboration des normes et des cadres de gouvernance de l’IA à l’échelle mondiale.
La Banque africaine de développement place d’ailleurs le développement des compétences au même niveau que l’accès aux données et à la puissance de calcul dans son rapport IA 2025. L’UIT estime pour sa part qu’atteindre une connectivité universelle d’ici 2030 nécessitera entre 2600 et 2800 milliards de dollars au niveau mondial, un chiffre qui rappelle que les 6,1 millions de dollars engagés par Telkom, aussi symboliques soient-ils, ne représentent qu’un premier pas.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 10 juillet 2026)
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