Afrique du Sud : la 5G progresse, mais le fossé numérique rural persiste
mardi 7 avril 2026
Le déploiement commercial de la 5G en Afrique du Sud a commencé en 2019 avec Rain, suivi en 2020 par Vodacom et MTN. Sept ans plus tard, et malgré des investissements croissants des opérateurs, la technologie demeure partiellement déployée.
En Afrique du Sud, le taux de population couverte par la 5G est passé de 46,6 % en 2024 à 58 % en 2025, selon le régulateur télécom. Si cette progression traduit une accélération du déploiement, la couverture reste limitée, en particulier dans les zones rurales, alors même que les autorités cherchent à généraliser l’accès à l’ultra‑haut débit (4G et 5G) au détriment des réseaux 2G et 3G.
Selon l’édition 2026 du rapport annuel sur l’état du secteur des TIC de l’Independent Communications Authority of South Africa (ICASA), les neuf provinces de la nation arc‑en‑ciel affichaient en 2025 un taux de couverture moyen de 30,7 % en milieu rural. Les niveaux les plus faibles ont été observés dans les provinces du Cap‑Oriental, du Cap‑Nord et du KwaZulu‑Natal, avec respectivement 7 %, 13 % et 15 % de la population couverte. À l’inverse, le Gauteng et le Mpumalanga se distinguent avec des taux de 74 % et 63 %.
Même en milieu urbain, des disparités subsistent selon le régulateur, malgré un taux de couverture moyen de 66 % à l’échelle nationale. Le Gauteng et le Cap‑Occidental affichent des niveaux élevés, avec respectivement 89 % et 83 % de la population couverte par la 5G. En revanche, les provinces de l’État libre et du Cap‑Nord présentent des taux nettement plus faibles, à 38 % et 41 %.
Pour les autres technologies, la situation est bien meilleure. La 3G couvrait 99,85 % de la population en 2025, contre 99,9 % pour la 4G. Même en milieu rural, toutes les provinces affichaient un taux de couverture de 100 % en 3G, à l’exception du Cap‑Nord et du Cap‑Oriental, avec respectivement 94 % et 97 %. Pour la 4G, ces deux provinces affichent également les indicateurs les plus faibles, avec 89 % et 93 %.
Combler le retard rural : les pistes du régulateur
Face à cette situation, le régulateur a prévu plusieurs initiatives pour réduire les écarts de couverture 5G en milieu rural : aligner les incitations liées aux obligations de déploiement, promouvoir le partage passif et actif des infrastructures et réformer les procédures d’autorisation, afin d’étendre la couverture de nouvelle génération au‑delà des métropoles et des villes secondaires. Le régulateur a également inscrit la 5G parmi les domaines stratégiques pour la reconversion professionnelle des travailleurs du secteur.
Ces mesures interviennent alors que les autorités sud‑africaines cherchent à généraliser l’accès à l’ultra‑haut débit dans un contexte de transformation numérique accélérée. Le gouvernement souhaite désactiver les premières générations de technologies pour faire place à la 4G, à la 5G et aux générations futures, présentées comme mieux à même de répondre à la demande croissante en connectivité à haut débit pour satisfaire les nouveaux modes de consommation numérique des administrations publiques, des entreprises et des particuliers.
Les autorités avaient initialement établi un calendrier pour l’arrêt progressif des réseaux, avec une échéance fixée à décembre 2027. Cependant, en septembre 2025, le ministère des Communications et des Technologies numériques a annoncé qu’il n’y aurait plus de date limite officielle pour la fermeture des réseaux 2G et 3G par les opérateurs de téléphonie mobile sud‑africains. Cette approche vise désormais à garantir une transition progressive, afin de ne pas exclure les personnes disposant encore d’appareils compatibles uniquement avec la 2G et la 3G.
L’accessibilité des smartphones, clé de l’adoption mobile
Le principal frein à l’adoption des technologies mobiles de dernière génération reste l’accès aux appareils compatibles, notamment les smartphones. Le coût demeure un obstacle, ces appareils étant encore inaccessibles pour une grande partie de la population.
Selon les données de l’ICASA, les modèles d’entrée de gamme sont désormais proposés à partir de 399 rands (23,66 $), « offrant une option abordable pour de nombreux consommateurs et rendant la possession d’un smartphone de plus en plus accessible dans tout le pays ». À l’autre extrémité du marché, des smartphones haut de gamme sont disponibles jusqu’à 76 999 rands. « Ces appareils premium intègrent des technologies avancées et des designs sophistiqués, répondant aux attentes des clients en quête des dernières innovations », précise le régulateur.
Les données du régulateur indiquent que 83,04 millions des 117,3 millions d’abonnements aux services mobiles recensés en 2025 correspondaient à des smartphones, soit un taux de 70,8 %. Ce chiffre peut toutefois être surestimé. En réalité, chaque carte SIM est comptée comme un abonnement à part entière, alors qu’une même personne peut en détenir plusieurs. Il en est de même pour les smartphones qui supportent généralement deux SIM.
La Banque mondiale indique que 67,51 % de la population sud‑africaine âgée de plus de 15 ans possédait un smartphone en 2024.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 7 avril 2026)
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